C'est marrant comment ce groupe polonais a cristallisé les espoirs des fans de rock progressif d'un renouveau de ce genre musical en ce début de vingt et unième siècle.. Six ans après la sortie de "Out of Myself" et quatre albums, les promesses entrevues se sont elles concrétisées? That is the question ?
Le constat à en tirer est que finalement nos p'tits gars ont poursuivi leur bonhomme de chemin sans se prendre la tête, avec pour seule ambition de nous servir la musique qui leur convient le mieux sans pression particulière. Ambition déjà plus que raisonnable...
De renouveau donc neni, mais qu'est ce le renouveau du prog me direz-vous? Plutôt que de quête du grâal progressif, je vais m'intéresser en toute modestie à vous faire découvrir ce qu'est le style RIVERSIDE. Parce qu'aujourd'hui on peut parler de l'existence d'un style RIVERSIDE, n'a-t-on pas entendu ou lu de nouveaux groupes sortis depuis que leurs musiques faisaient référence à celle de RIVERSIDE ? En soi c'est déjà une grande réussite.
Revenons au style RIVERSIDE, savante alchimie entre le velours et l'acier. Le velours correspondrait à la voix envoûtante et mélancolique de Mariusz DUDA, mais aussi au jeu de guitare limpide bourrée de feeling de Piotr GRUDZINSKI, et l'acier par ce son sauvage et lourd par moment. Cette faculté à passer d'une ambiance calme et mélodique à l'explosion sonore sans brusquer l'auditeur est caractéristique de leur musique.
"Rapid Eye Movement" clôturait une trilogie, quel tournant donc allait prendre l'orientation musicale ?
RIVERSIDE a choisi de nous présenter un album du genre ramassé, autour de cinq titres seulement et 45', plutôt bon signe.
Le premier estrait "Hyperactive" fait le lien avec le précédent cd, très rentre dedans avec un refrain qui revient souvent, facilement assimilable, du break de la syncope, bref du RIVERSIDE dans l'air du temps... pas mon préféré mais bon. "Driven To Destruction" embraye le pas dans une veine toujours durcie au moins dans sa première partie avec cependant une présence plus affirmée des claviers de Michal LAPAJ. Puis la guitare de Piotr illumine l'espace avant que Mariusz de sa voix suave nous berce dans une mélancolie sombre mais pour un trop bref instant puisque les breaks et les rythmes saccadés reviennent pour clore le débat.
L'intro d"Hegoist Hedonist" laisse entendre que RIVERSIDE va changer de registre et nous proposer d'autres aspects de sa musique, serait ce une piste trompeuse ? et bien non. Le groupe nous offre 9' d'un voyage aux chemins sinueux. La petite touche funky (si si j'ai bien dit funky...) est loin d'être désagréable avec un petit effet d'orchestre à vent, des sonorités plus orientales aussi, titre qui peut surprendre mais qui au final se révèle assez riche. J'ai bien fait de rester jusque là, poursuivons l'exploration avec "Left Out".
Une introduction à la RIVERSIDE comme je les aime, de la douceur progressive au chant juste accompagné de la guitare puis tout à coup une montée mélodique qui vous retourne la tête et ce son de guitare limpide. Replay de suite pour s'imprégner en profondeur de ce titre magique, encore et encore.
Déjà le dernier titre "Hybrid Times" moins poignant peut-être mais très dense et aussi riche d'ambiances variées.
Cet album confirme qu'i faudra toujours compter sur RIVERSIDE dans le paysage musical, certes moins d'effets de surprises maintenant, moins de noirceur dans leur musique, plus d'ambiances à base de metal mais l'ensemble est diablement efficace et ravira la majorité du public.
Chroniqueur : Anglagard
Line-up
Mariusz Duda - Vocals, Bass
Michal Lapaj - Keyboards
Piotr Kozieradzki - Drums
Piotr Grudziński - Guitars
Tracklist
01. Hyperactive (5:48)
02. Driven To Destruction (7:08)
03. Egoist Hedonist (8:59)
04. Left out (11:01)
05. Hybrid times (11:54)