Véritable cinquième album du groupe (Septième si l’on compte les deux live), ce disque était attendu au tournant après un « Not As Good As The Book » d’anthologie en 2008.
Je dois avouer qu’à première vue, j’étais un peu inquiet. Nouveau logo pas terrible (le troisième, le groupe en changeant tous les trois albums !), pochette pas top non plus, titre laissant croire à un disque live (ou à un concept album basé sur l’œuvre de George ORWELL, ce qu’il n’est pas non plus)… Ouh la, c’était mal parti.
Mais c’était bien méconnaître le potentiel admirable de ce groupe que de penser à mal. Car, tenez vous bien, il se trouve qu’il s’agit d’un des (si ce n’est LE) meilleur album du groupe, tout bonnement !
Quoi ? Et on ne me disait rien, vous entends-je déjà râler… Ne vous inquiétez pas, il y en aura pour tout le monde (quoique les plus rapides d’entre vous se rueront sur la version limitée contenant un sixième titre en bonus exclusif !). Il s’agit de la première incarnation du groupe totalement britannique (les précédentes incluaient toujours quelques suédois de passage, comme Roine STOLT ou encore Jaime SALAZAR et Jonas REINGOLD, les deux derniers figurant sur l’album précédent).
Et encore une fois, c’est une toute nouvelle formation qu’il nous est donné d’entendre (le groupe depuis son origine tourne à géométrie variable autour de son leader Andy TILLISON). Nous découvrons ainsi avec plaisir que les titulaires des postes de bassiste et batteur sont, ni plus ni moins, que deux têtes connues du milieu, j’ai nommé Jonathan BARRETT, issu de PARALLEL OR 90 DEGREES, plus communément connu sous le nom de Po90 (autre groupe de Andy TILLISON, comme c’est bizarre !) et Paul BURGESS, ayant officié avec des pointures comme CAMEL, 10CC ou JETHRO TULL. Par contre, il est étonnant de découvrir également que le poste de guitariste, précédemment occupé par Jakko M JAKSZYK (et anciennement Krister JONSSON ou originellement Roine « FLOWER KINGS » STOLT) est désormais vide (c’est Andy qui assure toutes les parties électriques, toujours assisté du fidèle Guy Manning aux guitares acoustiques et chœurs). Bizarre également que le groupe ait abandonné son imagerie magnifique (en tout cas au moins jusqu’à « Going Off On One ») pour ce design de pochette quelconque, mais l’essentiel est ailleurs, heureusement. Laaaa musiiiique (comme hurlaient les abrutis de la Tare Academy) !
Et quelle musique ! Si le groupe n’a mis que cinq morceaux sur son disque, c’est parce que les titres choisis sont très longs, 6 et 7 minutes pour les deux plus courts, 11 et 12 minutes pour deux autres et un epic de près de 20 minutes qui ouvre l’album. Ce « Where Are They Now ? » constitue tout simplement la quintessence de THE TANGENT. Tout y est : arpèges magnifiques de guitares suivis d’accélérations puissantes, claviers vintage, piano, section rythmique volubile et racée, chant magnifique, saxophone délirant, ruptures de rythmes à tout va. Ce morceau est indéniablement appelé à devenir un des chevaux de bataille scénique du groupe. Le reste est à l’avenant, avec aucun morceau faible à l’arrivée. Même l’absence de Sam BAINE (ex-claviériste du groupe et accessoirement ex-petite amie d’Andy, ceci expliquant sans doute cela), déjà partiellement digérée lors du précédent opus, ne manque pas trop. Le groupe s’est resserré autour de son leader en un quintette efficace, se rapprochant le plus possible des conditions du live. Pas étonnant dès lors que cet album soit le plus énergique et rock qu’il ait pondu depuis fort longtemps ! Je ne vais pas vous détailler les autres morceaux puisqu’ils recèlent tous des moments de génie mais sachez que dans « Perdu Dans Paris », Andy a des accents vocaux Fishien : il s’agit d’une ballade dans Paris jalonné de ses superbes monuments… et de sa misère (titre vraisemblablement en réplique aux morceaux « Lost in London » des deux albums studios précédents et qui renvoie explicitement au bouquin d’ORWELL). « The Company Car » est fort réminiscent de Peter HAMMILL (une des plus grandes inspirations d’Andy). Enfin, « The Canterbury Sequence volume 2. Ethanol Hat Nail » est une bizarrerie de plus à porter au crédit de la formation anglaise. Eminement d’influence Canterburyenne, comme son titre l’indique, c’est la première véritable incursion du groupe dans l’expérimental le plus débridé. Il vous faudra de nombreuses écoutes pour parvenir à mémoriser ce superbe morceau.
Au final, un disque EXCEPTIONNEL qui fera date, et dans l’histoire du groupe, et dans celle du rock progressif, tant cet album devrait sans peine se hisser au niveau des œuvres majeures du genre.
Plus que conseillé : obligatoire, oui !
Non mais !!
Chroniqueur : Renaudoo
Line-up
Andy Tillison - Vocals, Keyboards, Electric Guitar
Jonathan Barrett - Bass
Theo Travis - Saxophone, Flute
Paul Burgess - Drums
Guy Manning - Acoustic Guitar, Vocals
Tracklist
01. Where Are They Now? (19:10)
02. Paroxetine - 20mg (7:47)
03. Perdu Dans Paris (11:47)
04. The Company Car (6:23)
05. The Canterbury Sequence volume 2. Ethanol Hat Nail (12:55)
06. Everyman's Forgotten Monday (06:22)