|
Ce fut notre premier concert de l’année au Spirit Of 66. Nous y avons écouté Peter HAMMILL, auteur-compositeur-chanteur, membre fondateur du groupe VAN DER GRAAF GENERATOR. Depuis cette fondation, il est aussi devenu son propre producteur et produit aussi parfois d’autres musiciens. Ici, il était seul avec son piano et sa guitare. Nous lui avons demandé de nous accorder une interview, ce qu’il a très gentiment accepté.
Bonjour Peter !
Avant toute chose, merci de nous avoir accordé cette interview !
Dans quelles circonstances as-tu connu Peter GABRIEL, un de tes amis ?
Je ne me rappelle pas exactement quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois mais ça pouvait être au cours d’une de nos réunions ou au cours d’une fête chez « CHARISMA » (maison de disque).
Quand j’étais adolescent, je croyais que VDGG était un groupe hollandais. Mais d’où venait ce nom ?
Le nom vient de son créateur américain, Robert J VAN DER GRAAF dont le générateur d’électricité est une pièce équipant communément les écoles. Beaucoup de monde, semble-t-il, pense que nous sommes hollandais et même Allemands !

Pourquoi as-tu sorti des albums solos dans les années 70, en parallèle de VDGG ? Etait-ce un besoin de t’exprimer personnellement ?
« Fool’s Mate », mon premier album solo, contient des chansons qui n’ont évidemment pas leur place au sein du travail de VDGG, mais qui, bizarrement, semblent en découler. Si elles n’avaient pas été enregistrées à ce moment, elles ne l’auraient probablement jamais été. Cela correspondait à quelque chose comme des vacances studieuses. Pendant que VDGG n’était pas en action, bien entendu, cela paraissait normal que je fasse des enregistrements solos …
En 1977, VDGG devenait-il un fardeau pour la suite de ta carrière ?
Nous avons manqué d’eau dans la bouilloire, particulièrement d’énergie et bien entendu, les finances n’étaient pas au beau fixe. Une honte mais une conclusion sensée si on regarde en arrière.
La reformation de ce groupe en 2005 était-elle une suite logique ? Le plaisir de rejouer ensemble ?
Au départ, c’était une expérience (à nouveau réunis maintenant ou jamais) afin de voir si nous pouvions faire quelque chose qui en valait la peine ou pas. Et, à l’évidence, cela procurait un surcroît de travail !
VDGG a été une influence majeure du rock. Est-ce important pour toi d’être reconnu par tes pairs et d’avoir influencé autant de générations ?
Pas particulièrement. Actuellement, il est évident que c’est une satisfaction personnelle que de recevoir des éloges ou la reconnaissance de ses pairs. Mais la musique est faite dans son propre intérêt plutôt que pour influencer les gens ou laisser son empreinte pour la postérité.
Lors de tes concerts, tu remplis les salles avec trois générations de personnes. Tu dois être fier mais est-ce que cela te surprend ?
C’est tout à fait stupéfiant tout comme très satisfaisant.
Pourquoi avoir créé ton propre label FIE fin des années 80 ?
Je pense qu’à ce stade de mon engagement dans la musique, il était normal de créer une entreprise à part entière. Il semble que le moment était venu de me comporter de manière plus indépendante et de me mettre moi-même aux commandes. C’était une démarche courageuse en ce temps-là mais qui semblerait tout à fait normale maintenant.

L’Internet, un bien ou pas ?
Oui, c’est une chose nécessaire, un génie qui ne retournera pas dans sa bouteille. D’une façon ou d’une autre, mes ventes (donc aussi mes revenus) sont atteintes par les téléchargements pirates, illégaux ou semi-légaux. D’un autre côté, je suppose que c’est aussi une manière pour arriver jusqu’à ma production … Quoiqu’il en soit, c’est un fait inéluctable !
Tu es un poète chantant, ton chant est parfois théâtral, aurais-tu voulu interpréter ou écrire une pièce de théâtre ?
Non, la musique m’a trouvé, j’ai trouvé la musique et je pense que c’est dans cette discipline que j’excelle. C’est la même chose pour la littérature.
Tout le monde sait que la guitare et le piano sont tes instruments de prédilection sur scène, mais quel était ton premier instrument, celui avec lequel tu as joué en premier ?
L’harmonica, au départ. Ensuite, le piano et la guitare quasi simultanément. Sans réelle compétence dans les deux pendant des années, des années …
Y-a-t-il une écriture spéciale pour VDGG et une autre pour PH ?
Non, il y a clairement une conscience pour monter une chanson au sommet et particulièrement du côté lyrique. Je dois juste être conscient du fait que je représente chacun de nous trois, dans les mélodies et paroles de VDGG.
Ta créativité est sans limite. Où vas-tu chercher ton inspiration ?
Heureusement, les chansons tombent toujours entre mes mains et, quand je les empoigne, elles prennent tout leur sens.
As-tu peur qu’elle se tarisse ?
C’est toujours une possibilité et, parfois, certaines choses vont plus vite tandis que d’autres plus lentement. Mais les choses sont comme elles sont.
Ton album « Thin Air » est très mélancolique voire sombre. Te poses-tu des questions existentielles ?
« Thin Air » touche largement aux disparitions, il est donc inévitable que l’on touche aux choses sombres et que l’on se pose des questions existentielles. Mais, de plus en plus, je me penche sur la description que Bob DYLAN a faite de lui-même : « I’m A Song And Dance Man ».

Comment te sens-tu après ton concert au Spirit Of 66 ? Le public était vraiment enthousiaste !
Oui, c’était à nouveau un bon concert dans une bonne tournée. Je me sentais et je me sens toujours en pleine forme.
Penses-tu continuer les tournées (concerts) ?
Aussi longtemps que j’aurai un souffle de vie, j’imagine.
Que retiens-tu de tes tournées (la gastronomie, les paysages, les gens), est-ce aussi une source d’inspiration ?
L’expérience des tournées est un fondu de toutes ces choses. Je ne garde pas un souvenir bien précis des concerts en eux-mêmes mais les cultures, les cuisines, les souvenirs de toutes ces expériences sont le privilège des tournées.
Tes projets pour 2010 ?
D’abord, le prochain enregistrement de VDGG, pour lequel nous sommes déjà bien avancés du point de vue de la composition. Il me reste également encore quelques concerts solos en Angleterre au mois de mai et sans doute d’autres choses viendront-elles s’ajouter au fur et à mesure. Je n’aime pas faire des plans à trop long terme.
Dans une de nos interviews Andy TILLISSON aurait aimé que tu l’appelles pour jouer avec toi (son maître). Que lui réponds-tu ?
Pour le moment, mes albums solos me prennent énormément de temps et, VDGG fonctionne actuellement sous la forme d’un trio. Donc, il ne reste pas beaucoup de place, pour qui que ce soit, j’en ai bien peur.
Quelques mots pour nos lecteurs de Progressive Area ?
Juste mes amitiés.
Merci beaucoup Peter !
Par Suze et Merlin
Traduction Suze
Partager
|