Damian WILSON - 3/03/2010 par Suze Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Suze   
08-03-2010

Il était venu une première fois pour la convention Prog Résiste au mois d’octobre 2009. Il est revenu le 6 novembre avec un autre groupe. Il a fait partie de toutes sortes de formation et aime toute la musique. Fervent humaniste et très charmeur, Il a accepté de répondre une seconde fois à mes questions car j’ai connu de gros ennuis techniques. Maintenant, tout est prêt et vous pourrez connaître un peu mieux cet extraordinaire chanteur qu’est Damian WILSON et que nous avons eu le plaisir de voir deux fois en un mois au Spirit avec le DAMIAN WILSON BAND en premier et THRESHOLD ensuite.


Suze : Bonsoir Damian ! Avant tout, merci de nous recevoir ce soir et de nous accorder cette interview. Tu es venu à la convention le 3 octobre. Quelles sont les impressions sur ce concert ?

Damian WILSON : C’était une fabuleuse soirée ! En premier lieu parce que c’était là le tout premier concert de Damian WILSON BAND, une occasion vraiment mémorable !

Les groupes ont-ils l’occasion d’avoir des contacts pendant la convention ? Y avait-il des groupes que tu connaissais ?

DW : Je dois dire que je ne suis pas un familier de tous ces groupes mais je sais qui ils sont tous et quelle est leur musique. Nous les avons entendus et appréciés. Il y avait une ambiance tout à fait particulière à la convention, même si elle ne permet de créer vraiment des liens avec les autres groupes. Il y avait de la bonne musique dans une superbe atmosphère.

Tu baignes dans la musique depuis que tu es enfant, pas étonnant quand on vit au milieu de musiciens ! Le chant est une chose innée chez toi ? Joues-tu d’un instrument ?

DW :
C’est vrai que je suis tombé dans la musique depuis que je suis tout petit. J’ai de sacrés souvenirs familiaux. Il y avait tout le temps de la musique dans les réunions familiales. J’ai pas moins de trois oncles musiciens, qui m’ont tous les trois pris en charge à ce niveau. C’est la raison pour laquelle je suis devenu moi-même musicien ; je ne me voyais pas faire autrement.

Tu faisais déjà partie d’un band à l’école ! Pour quel genre de musique ? Le succès était-il au rendez-vous ?


DW : Mon premier groupe formé à l’école était un groupe Rock. Le premier souvenir que j’ai d’une apparition sur une scène était pour le titre « Purple Haze ». Je n’en garde pas un souvenir si impérissable mais c’est le premier.

Le chant représente-t-il un souhait, une option, une envie, une obligation volontaire ?

DW : C’est un peu tout ça en même temps. Ayant toujours vécu dans le monde de la musique, mon subconscient n’avait d’autre choix que la musique. Mais il se fait que je le souhaitais également car ce n’était nullement une obligation ! En faisant de la musique, j’avais aussi envie de voir où elle me transporterait. Cela devenait une obligation tout à fait volontaire !

Il est difficile de te définir, tu as chanté dans beaucoup de projets, comment te définis-tu toi-même ?


DW : C’est vrai qu’il n’est pas évident de me définir. Je n’arrive pas à le faire moi-même. J’ai chanté dans beaucoup de projets et j’ai fait des choses diamétralement différentes les unes des autres. Je crois que je ne suis pas la personne que l’on voit et tu ne penses sûrement pas de moi ce que je suis en réalité ! Cela a l’air d’être un peu étrange mais je pourrais être en fait une espèce de caméléon qui prend les formes et les couleurs qu’il a envie de voir au moment où il vit les évènements.

 


Ton vrai premier album « commercial » a vu le jour avec LANDMARQ. Entre la période scolaire et la sortie de cet album, qu’as-tu musicalement vécu ?

DW : J’ai beaucoup joué et j’ai planifié plein de choses mais rien qui se soit réellement matérialisé. Nous avons enregistré avec EMI et avions donc ainsi une entreprise puissante pour nous seconder. Cette entreprise réussissait à nous faire jouer des concerts avec des salles combles mais ne nous a jamais permis d’enregistrer quoi que ce soit. Du coup, toutes ces choses étaient un peu comme du vent car ne laissaient pas de véritable empreinte !

Au départ, as-tu un modèle dans le chant ? Quelqu’un que tu aurais voulu être ?


DW : Non, je n’ai pas vraiment un modèle. Comme à peu près tous les interprètes, je suis souvent comparé à d’autres chanteurs. Ce sont le plus souvent des chanteurs dont je n’ai jamais entendu parler et que je n’ai donc jamais entendu chanter. Si je devais me rapprocher de la manière de chanter d’une personne, ce serait de Paul ROGERS. C’est vraiment triste ! (là, Damian nous a poussé un soupir qui tenait de la tristesse mais qui était aussi assez cocasse) Mais personne n’a jamais pensé à me comparer à lui !

Ta carrière fort diversifiée montre une grande faculté d’adaptation. Comment en es-tu venu à travailler avec IRON MAIDEN ?

DW : Quand Bruce DICKENSON a quitté Iron Maiden, j’ai eu un appel un peu fortuit de Steve HARRIS qui a débouché sur une rencontre pour voir ce que nous pouvions faire sur certaines mélodies. Je parle d’un appel fortuit car je pense qu’au départ, ce n’était pas vraiment moi qui devais recevoir cet appel mais bien un homonyme ! La conversation était déjà beaucoup trop engagée quand nous nous sommes aperçus de la méprise mais nous nous sommes dits que cela valait peut-être le coup de continuer ! J’ai vraiment ressenti un grand bonheur de travailler avec Maiden, ce sont des gars supers.

Tu viens ce soir avec le groupe THRESHOLD. Tu as été le chanteur du groupe dans les années 90 et Andrew « Mac » MC DERMOTT, celui des années 2000. Depuis 2007, tu es de retour. L’âme du groupe est-elle toujours restée la même ?

DW : Le groupe a réellement changé. L’esprit du groupe a beaucoup évolué. Avant, il y avait énormément de tensions entre les musiciens et cela se ressentait à tout moment. Du coup, tout était bien plus difficile, surtout en concert. Maintenant, nous avons réellement beaucoup de plaisir à jouer ensemble, bien plus qu’auparavant. Maintenant, nous nous supportons avec nos différences, nos personnalités, nos manières différentes d’aborder la musique. Nous sommes plus tolérants les uns envers les autres. Cela doit venir de notre avancée en âge !

A la convention, tu as commencé le concert avec « Forever Young » de LANDMARQ. Tu nous as prouvé ta forme en escaladant les escaliers du Spirit Of 66. C’était important pour toi de nous montrer que tu as la jeunesse … éternelle ?


DW : (là, il éclate littéralement de rire mais se rengorge aussi fier qu’un pigeon) Le choix de cette chanson était tout à fait délibéré mais mon escalade dans les escaliers n’était pas le message de ma jeunesse éternelle. Pour rester jeune, il faut entretenir sa bonne forme et je le fais dès que je le peux, pas seulement pour la forme mais aussi pour me sentir bien, pour évacuer des tensions, qu’elles soient physiques ou autres. Quand nous sommes arrivés aujourd’hui, j’ai trouvé un petit moment pour aller courir. Cela m’a dégourdi les jambes mais me permet aussi de découvrir la ville où je me trouve.

Pourrais-tu nous parler du projet HEADSPACE ?

DW : HEADSPACE est un groupe composé de musiciens parmi les plus extraordinaires que je connaisse. Le potentiel de ce groupe est immense ! Après la sortie de l’EP « I Am » et l’aide que nous a apportée les concerts avec Ozzy OSBORNE, nous avons passé tout notre temps disponible à écrire et travailler sur le nouvel album. C’est un groupe très équilibré qui donne finalement autant qu’il reçoit.

Adam WAKEMAN en fait partie. Est-il très différent de son papa Rick WAKEMAN ?

DW : Ils sont tous les deux très différents mais aussi exceptionnellement talentueux. Ils sont déjà différents par leur âge : un est plus vieux que l’autre ( et il pouffe à nouveau de rire notre Damian) !

Un CD est à venir, pourrais-tu nous en dire plus ? Son titre, son style de musique ? Des surprises ?

DW : Là, je ne vais pas beaucoup m’étendre. Il faut juste savoir que ce sera un album-concept de musique progressive. Le reste sera la surprise (Et un sourire jusqu’aux oreilles) !

Comment fais-tu pour te retrouver dans autant de groupes ? Qui sollicite, toi ou les autres ?


DW : Tant que je serai en harmonie avec ce que je fais, je pense que je ne serai jamais rassasié d’autres groupes et de nouvelles gens. On fait appel à moi ou je sollicite d’autres groupes ou musiciens, peu importe ! Ce qui est important c’est que cela se fasse !

 


Tu dois être dans une forme olympique pour enchaîner DWB, THRESHOLD et CHRISTMAS METAL SYMPHONY ?


DW : Cela semble bien plus dur que ce ne l’est réellement. Quand on est passionné par ce que l’on fait, ce qui pourrait être des sacrifices se fait tout naturellement. On a un but et on se donne les moyens d’y arriver. Le public nous rend bien notre travail en nous aimant. C’est la plus belle des récompenses.

Est-ce facile de passer d’un répertoire à l’autre ? Peux-tu nous en dire plus sur CHRISTMAS METAL SYMPHONY ?

DW : J’aime la diversité, donc, le fait de changer de répertoire est une chose tout à fait naturelle pour moi. La « Metal Symphony » est un concert au sein duquel j’ai été introduit par Joost VAN DEN BROECK. C’était vraiment une célébration et une magnifique occasion de réunir de merveilleux musiciens et amis !

Tu as été plusieurs fois couronné au CLASSIC ROCK SOCIETY ANNUAL AWARDS. Combien de fois au juste ? Est-ce important pour toi ?

DW : Je pense que ce serait bien huit fois (décidément, il aime sourire et ça lui va bien). Il est important que le public écoute, aime et s’intéresse à ce que je fais. Sinon, à quoi est-ce que cela servirait de le faire. On ne fait aucune chose rien que pour soi-même !

Que représente le WEB pour toi ? Certains disent que c’est le moyen le plus sûr de faire circuler la musique en fraude sans que son auteur en voie le résultat ! Penses-tu la même chose où pour toi, est-ce le moyen actuel de mieux se faire connaître ?

DW : C’est tout à fait stupéfiant d’avoir un moyen de communication aussi puissant dans tous les sens du terme ! C’est une arme à double tranchant : elle peut t’encenser tout comme elle peut te dépouiller. Personnellement, je fais des prières pour que le plus de monde possible vienne se rendre compte de ce que je fais.

Ozzy OSBOURNE, quelqu’un de très spécial ?


DW : Ne l’est-il pas pour tout fan de Rock ?

Andy TILLISON était à la convention. Il adore le CECEMEL, et toi ?

DW : C’est une des choses qui se laisse bien boire en Belgique. Il est vrai que nous n’en avons pas en Angleterre. Mais il y a beaucoup d’autres choses aussi qui se laissent boire ou manger !

Quelles sont les choses que tu apprécies vraiment à l’étranger ?


DW : J’aime bien sûr découvrir de nouvelles choses au niveau culture et gastronomie mais nous n’avons parfois que très peu de temps dans un pays et nous passons au suivant. Alors je vais dire que ce que j’apprécie le plus, c’est la gentillesse des personnes que nous rencontrons.

Te fies-tu à la réputation d’un public ou te dis-tu que tu feras certainement ce qu’il faut pour te le mettre dans la poche ?


DW : Je ne viens avec aucun préjugé. Je ne fie à aucune réflexion. Je me fais mon idée quand je suis sur scène. Parfois, si on devait écouter tout ce qui peut se dire, on ne bougerait pas de chez soi ou alors, on se fixerait chaque fois des défis que l’on pourrait penser insurmontables au départ !

 


Quels sont tes projets futurs et avec qui ?

DW :
Décidément, un album avec HEADSPACE et un autre avec THRESHOLD et j'espère encore bien d’autres choses.

Imaginons un séjour forcé sur une île déserte, pour un temps indéterminé. Tu as le droit de prendre avec toi : une personne, un animal et 3 choses. Qui et quoi ?

DW : Je pense que c’est là vraiment une question très difficile et que je ne me suis jamais posé. Je pense que j’emmènerais mes enfants ainsi qu’une vache pour le lait mais je ne dirais rien pour le reste, je n’en sais strictement rien.

Si tu pouvais recommencer ta vie, referais-tu les mêmes choses de la même manière ?

DW : Oh oui ! Je répèterais toutes les mêmes erreurs que j’ai faites parce que j’aurais oublié que je les ai faites un jour. Les erreurs ont du bon et du mauvais, il faut savoir en retirer uniquement le bon et en assumer les conséquences !

THRESHOLD est le troisième groupe qui quitte INSIDE OUT en peu de temps. Pourquoi ce rush vers d’autres cieux ?

DW : En fait, au moment où le groupe a quitté INSIDE OUT, je ne travaillais pas avec eux. Je ne sais donc pas exactement ce qu’il s’est passé mais ce devait important pour que trois groupes partent l’un après l’autre !

Tu viens de fêter tes 40 ans si je ne me trompe. Heureux Anniversaire…en retard ! Tu es plutôt fiesta sympa entre potes ou grosse bouffe en famille ?


DW : J’aime beaucoup les bonnes bouffes entre potes ou en famille. Pour ce qui est de fêter mon anniversaire, les autres pensent plus à le fêter que moi ! La véritable fête pour mes 40 ans a été de faire la tournée avec le DAMIAN WILSON BAND.

On a l’impression que ta Set list de la convention est un survol de ta carrière : LANDMARQ, THRESHOLD, Rick WAKEMAN, AYREON, c’est parce que tu regardes dans le rétroviseur de ta carrière pour mieux repartir ?

DW : C’est exactement cela. J’ai eu besoin de revoir les évènements heureux de mon passé et cela donne une merveilleuse tournée qui me remet partout où je suis allé.

Tu imagines prendre ta retraite un jour ou vivre ta passion jusqu’à ton dernier souffle ?


DW : Je ne crois pas que je pourrai faire autrement que de vivre ma passion jusqu’à mon dernier souffle. Je vais rester jeune pour que mon souffle soit le plus long possible.

Y-a-t-il une question qui n’a jamais été posée et que tu aurais bien aimé qu’on te pose ?


DW : Oui, veux-tu m’épouser ?

Quelques mots pour nos lecteurs de PA ?

DW : Merci de lire cette interview. Venez me dire bonjour lors de mon prochain concert près de chez vous et j’ai bon espoir de pouvoir trinquer avec vous !


Merci beaucoup à toi, Damian !


Merci à toi !

Suze (interview réalisée en live et complétée très gentiment par la suite)
Traduction : Suze
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Dernière mise à jour : ( 01-05-2010 )
 
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