|
18 mai 2010. Second concert du mois de mai et non des moindres. Nous allons acclamer ce soir les Britanniques du groupe PENDRAGON. Ce groupe existe depuis trente ans et, au moment que choisit Nick BARRETT pour nous accorder une interview, nous nous retrouvons miraculeusement presqu’en été ! Quel bonheur !
Notre soirée commence donc en plein milieu de l’après-midi avec une interview à 15h précises.
Ensuite, le temps nous paraît long car nous sommes très impatients de voir ce groupe anglais au nom si mystérieux. Mais au fait, savez-vous ce qu’est un PENDRAGON ? C’est en fait un titre celtique qui équivalait à « chef dragon » ou « tête dragon ». Les dragons, ces bestioles mythiques qui nous inspirent craintes et rêves et qui crachent le feu quand elles sont en colère ! Et bien, ils sont quatre dans ce groupe de légendes : Scott HIGHAM à la batterie et aux chœurs, Clive NOLAN aux claviers et aux chœurs, Peter GEE à la basse et enfin, le dernier mais non le moindre, Nick BARRETT.
On a chaud, on est quelque peu serrés …comme un troupeau de sardines et nous attendons que la demi-heure académique veuille bien passer. Ca y est, ils sont là et ils sont acclamés dès leur entrée. Pas besoin de chauffer le public, il est déjà chaud et se prépare à griller par les feux que crache le dragon !
D’entrée de jeu, nous avons droit au titre préféré de Nick, « Indigo » du dernier album " Pure ". Nick se met en jambes, il nous montre que ce n’est pas parce qu’on approche de la cinquantaine qu’on perd de sa souplesse ! Pour ce qui est de Scott, j’avais déjà eu l’occasion de me rendre compte de sa bonne forme au cours de l’interview qu’il a failli saboter bien involontairement mais, aucun doute possible, il pète la forme comme on dit par ici ! Ses petits doigts chauffent même déjà. Va t-il tenir tout un concert sans avoir recours aux pompiers ? Un écran de fond distille des images de jeunes filles et jeunes gens, un des sujets de « Pure », ne l’oublions pas. Nick élimine sa première cliquette de guitare et vise…Clive pas malencontreusement du tout. La joute commence. Nos deux compères vont encore nous offrir des moments très drôles.

Après nous avoir souhaité le bonsoir, Nick demande si un fabricant de chocolat qu’il a déjà vu serait dans la salle. Il est là, oui, mais sans le moindre chocolat ! Quelle horreur, Nick semble adorer ces sucreries ! Faudra bien faire avec ! De toute façon, Mark WESTWOOD, nounou du jour et bassiste du groupe SHADOWLAND, a consciencieusement disposé des pastilles sur le devant du clavier ! La réserve est là, peut-être pas aussi succulente mais tout aussi efficace pour les petites cordes vocales qui ont besoin de soins pendant le concert.
« Eraserhead » nous plonge dans le monde de la haine de ces dirigeants qui, tels des prédateurs, font ce qu’ils veulent de leurs proies. En fait de prédateurs, nous voyons STALINE et des araignées en toile de fond. Nick profite de la fin de cette chanson pour nous présenter les têtes de dragon et faire quelques plaisanteries sur les USA, tout en enchaînant avec « Paintbox ». Et top là avec Scott, comme dans les films américains, où le fait de se taper dans les mains prouve qu’on s’apprécie et qu’on fait partie du même groupe. Du coup, Nick demande s’il y a des Allemands dans la salle ! La bonne question ! Nous sommes aux trois frontières, donc il y en a toujours au Spirit. Il commence à nous expliquer que les Allemands sont des personnes très efficaces et que tout, chez eux, est réglé avec une précision de métronome. Et quand il dit tout, c’est vraiment tout, y compris au lit !
Si on suit bien l’idée de Nick, un Allemand serait donc prévisible, pas comme le vent qui lui peut se retourner dans tous les sens ! Et c’est comme ça que nous abordons « If I Were The Wind ». Superbe chanson…superbe mollet aussi que me présente Nick en mettant son pied sur le bord d’une enceinte de son. Je dois vous avouer que, quand un beau mollet se présente devant moi et qu’il y a du poyetch dessus (traduisez par du poil en wallon), j’ai énormément de mal à ne pas tirer dessus ! J’ai réussi à me retenir au prix d’un effort surhumain et Nick a dû le sentir car il a retirer la gambette !
Nous revenons aux States avec un titre du dernier album « Comatose ». Le coma peut être un état médical causé par les médecins ou par diverses attaques extérieures. Mais le coma peut aussi être un état psychologique que l’on met soi-même en route pour se retirer du monde et se protéger en cas de grand péril de l’esprit. Du coup, voilà Clive qui ose sortir de son coin pour boire un coup. Le pauvre ! Il se fait joyeusement admonester et doit retourner dans son coin, derrière les claviers. Snif !!
Ce petit intermède permet au groupe d’enchaîner sur « Freakshow » et « Not Into This World ». Décidément, Nick se sent d’humeur bien belliqueuse et vlà t-y pas qu’il reprend un spectateur de volée. Il était un peu trop bruyant à son goût et lui a signifié que, s’il voulait encore parler, il pouvait très bien le faire dehors ! Il rigole, naturellement ! Ces Anglais sont bourrés d’humour. Cela fait, il nous dit quand même que cela faisait très longtemps qu’ils n’avaient pas joué cette chanson en concert. Et hop, une nouvelle présentation du groupe, histoire de nous rafraîchir la mémoire. Y a pas que la mémoire qu’il faudrait rafraîchir mais aussi les corps car il fait torride au Spirit ce soir !
Clive a encore tiré le gros lot. Nick nous met dans la confidence : quand ils étaient à l’école, Clive avait toujours des copions pour les interros et les examens. Les autres pouvaient donc en profiter sans trop se fouler ! C’était pas eux qui prenaient les risques ! Le voilà encore pris à partie, le pauvre Clive alors qu’il était tout gentil dans son coin ! Et bein, rien que pour ça, ce sera la dernière …chanson du concert, bien sûr !
C’est sans compter avec la détermination des spectateurs complètement enragés du Spirit. On ne s’enfuit pas comme ça ! De toute manière, y a qu’une sortie et, pour l’atteindre, il faut traverser la salle ! Ils reviennent et Nick décide de nous parler de la nature humaine en se frottant comme un chat…contre le micro. Clive se venge sur son innocent clavier. Il le balance fort peu délicatement d’avant en arrière. Serait-ce un moyen de s’en faire offrir un nouveau ?

Ils repartent encore trois secondes à peine, histoire de se faire rappeler à l’ordre et entament la dernière chanson. Nick reprend ses exercices de souplesse au dessus de sa bouteille d’eau. Aurait-il un besoin pressant ? Non, non, ça va aller merci mais…Que fait-il donc ? Il nous rejoint tout simplement pour interpréter la dernière chanson de la soirée. Il nous livre les paroles droit dans les yeux et nous voilà transis avant d’exploser pour la dernière fois car c’est la bonne ! Ils saluent sous nos acclamations et courent se rafraîchir dans les backstages.
J’ai peu parlé de quelqu’un qui s’est pourtant démené comme un beau diable pendant toute la soirée. Il était exceptionnellement en forme ce soir, il s’agit de Scott HIGHAM. Ce batteur du renouveau, renaît de ses cendres à chaque morceau. Il prend feu au début de chaque morceau et se consume à une allure folle pour terminer un peu beaucoup raplaplat à la fin de la chanson. Vous croyez qu’il ne s’en relèvera pas ? Vous avez tort car, tel le phœnix, il renaît de ses cendres pour mieux se lancer dans la chanson suivante. Il est néanmoins humain car j’ai noté un faible indice de fatigue à la fin du concert. Mais quand on s’appelle Scott HIGHAM et qu’on est le batteur du chef dragon, on ne faiblit pas et on tient le temps qu’il faut ! Vraiment génial ! Faudra que je lui demande son secret !
Après un concert pareil, on a toujours envie de faire un peu papote avec le groupe ou de faire des photos ou d’avoir une petite dédicace. Ils sont là, avec nous, ils sont sympas et ont manifestement envie de ce contact. J’en profite pour demander à Peter GEE s’il est aussi timide que tous les bassistes que je connais. Il me répond que ce doit être un trait commun à tous les bassistes et que c’est l’instrument qui doit vouloir ça ! Quant à Scott, je lui demande de me confier son secret pour avoir une gnaque pareille ! Il me répond la chose à laquelle j’avais déjà pensé : il est fou et ce grain de folie lui donne une pêche d’enfer !
Voilà, c’était le second concert du mois de mai. Vous pourrez aussi lire l’interview que j’ai faite de Nick BARRETT quelques heures avant le concert. Ce fut un moment fort sympathique et parfois très émouvant. PENDRAGON est un de mes groupes préférés et quand ils reviendront, on sera sûrement là aussi !
Par Suze
Photos par Merlin
| Plus de Photos |
 |
Partager
|