Simone ROSSETTI (THE WATCH) - 12/06/2010 par Suze Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Suze   
08-08-2010

Comme leur nom ne le dit absolument pas, THE WATCH est un groupe nous venant du pays de la Pasta : l’Italie. Ils ont décidé dans leur périple de faire un arrêt à L’Entrepôt à Arlon où nous les avons rencontrés pour une interview. Je me suis retrouvée là en face de musiciens qui ne se contentent pas simplement de jouer mais de mettre toute leur âme dans ce qu’ils font et ça se sent.
Fred, membre de PA et bassiste de LIGHT DAMAGE, qui passait en première partie de concert, m’avait remis quelques questions.

 

Merci pour cette interview et bienvenue à nouveau en Belgique.

Suze (pour Fred): Vous tournez beaucoup cette année ! Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de vous arrêter à Arlon ?

Simone : Lui, pour répondre à ta question ! Et il me désigne un monsieur, responsable du fait et que nous appèlerons comme tout le monde, Papy Métal. Nous sommes assez amis, depuis un certain temps ! La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, c’était à Mons. Et il a eu l’idée d’amener le groupe ici. Nous avons gardé le contact et il a réussi à nous trouver une date pour ce concert. Il a trouvé un contrat pour nous.


Suze (pour Fred) : Pourquoi avez-vous choisi de faire une tournée avec des reprises alors que THE WATCH a sorti un nouvel album ! Vous allez jouer uniquement des morceaux de GENESIS ou reprendrez-vous des chansons propres lors de ce concert ?
Simone : C’est une formule que nous avons inaugurée il y a environ un an. Jouer des chansons de GENESIS est une des choses qui nous satisfait dans notre job. Elle rejoint un peu notre musique et, en concert, elle nous permet d’étoffer notre show. Depuis l’an passé, nous avons décidé d’interpréter tout un album au cours de notre show. Donc, nous interprétons des chansons de GENESIS qui nous plaisent énormément et nous les intégrons à nos propres compositions. Nous nous sentons bien en interprétant les chansons de cette manière et nous avons décidé de continuer dans cette voie. C’est une grande chance pour nous de pouvoir diffuser de la bonne musique de cette manière et aussi de trouver une audience satisfaisante. Plus de gens sont attirés par ce que nous faisons.
Suze : Et pourquoi Fox Trot ?
Simone : Principalement parce que nous avons arrêté l’an passé la tournée de Nursery Crime et nous avons pensé à tourner avec autre chose. L’année prochaine, ce sera certainement une tournée avec « Selling England By The Pound ». Nous l’appellerons « The Green Show ». Nous jouerons la totalité de l’album et je ne pense pas que beaucoup de monde l’ait fait. Nous le jouerons de la première minute jusqu’à la fin. Nous sortirons aussi un nouvel album en janvier. Dans la tournée, nous jouerons donc aussi quelques chansons de ce nouvel album. Nous reprendrons donc ces chansons des années 70 et nous y mettrons notre touche personnelle. Nous jouons beaucoup actuellement avec John HACKETT et il donnera avec nous un style un peu nouveau à ces chansons qu’il connaît bien. Notre nouvelle tournée sera donc un mélange des chansons de notre nouvel album, de l’album de GENESIS et de quelques chansons de « Planet Earth ». Ce sera un show d’environ deux heures, nous le voyons comme ça ! C’est beaucoup de travail et nous jouons au travers de toute l’Europe. Nous traversons aussi l’océan pour aller vers les Etats Unis et le Canada. Je pense que, comme nous faisons les choses pour le moment, c’est le meilleur moyen pour nous de jouer de la bonne musique tout en augmentant notre auditoire.
Suze : Et vous avez été en Estonie aussi ?
Simone :
Oui, nous avons été en Estonie, il y a de cela quelques semaines et ce fut une expérience fantastique ! C’était la première fois que nous allions dans ce pays et nous y avons trouvé des gens fort accueillants. Le public est très chaleureux vis à vis de la musique progressive. Tout ce qui a pu tourner autour de la presse, des gens et du prog a été merveilleux là-bas. Cela nous a rappelé que nous étions une grande famille et ce fut réellement un plaisir que d’avoir été là-bas. Nous avons trouvé là une véritable volonté chez les gens de sortir des sentiers battus et voir autre chose que ce qu’ils voient habituellement. Ils viennent au concert et sont attentifs à tout ce qui se passe autour d’eux. Il y avait là une grande foule et nous avions devant nous des personnes qui avaient soif d’entendre ce que nous allions leur livrer. Nous avions eu aussi la chance de passer à la télévision nationale afin de faire la publicité de notre concert. C’était vraiment une belle expérience où nous avons aussi interprété des chansons de nos anciens albums comme « Primitive ». Nous espérons réitérer cette expérience l’année prochaine.


Suze (pour Fred) : Quels sont les moments que tu apprécies le plus au cours d’une tournée hormis le fait d’être en concert, bien sûr ?
Simone :
Nous n’avons pas l’occasion de visiter des masses car nous sommes toujours entrain de courir. Nous devons toujours faire tout vite et, en plus, nous voyageons très lentement avec notre camionnette. Elle date de très longtemps et n’avance pas vite ! (tout cela en riant) Je lui dis néanmoins que nous avons eu l’occasion de voir pire que leur van en la personne du groupe OVERHEAD dont le car devait être plus âgé que toutes les années des membres du groupe réunies et je ne me permettrais pas de me moquer !
Je ne tiens pas à me disperser quand je suis en tournée, c’est pourquoi nous nous retrouvons fort tôt en début d’après-midi dans le van pour revoir absolument tous les détails de notre concert afin de ne rien laisser au hasard. Nous faisons absolument tout nous-mêmes. Nous avons trouvé cette manière-là pour survivre et ça nous convient tout à fait. Nous n’avons pas le temps pour d’autres activités. Nous sommes juste passés cinq minutes à l’hôtel et nous avons un peu vu le centre de la ville mais nous ne nous sommes pas permis plus. Nous ne visitons pas les lieux mais tous les endroits sont différents de par l’auditoire et les populations et nous les apprécions tous. Après le concert, c’est super aussi car nous rencontrons beaucoup de gens. Les organisateurs sont toujours des gens charmants et de fervents fans. Ils sont toujours très heureux de nous accueillir et ils nous donnent souvent l’impression de revenir dans la famille. C’est très excitant de faire une tournée.


Suze : Avec une tournée sur plusieurs continents, tu rencontres des gens et des publics très différents ! Trouves-tu que les nordiques soient plus froids et les latins plus chauds ? Que penses-tu du public germanique ?
Simone :
Les Scandinaves ne sont pas gens froids comme on pourrait le penser. Ils sont vraiment très chauds. Très, très chauds… Ils représentent un de nos public les plus fervents. Les Suédois, les Norvégiens et, dernièrement les Finlandais nous ont prouvé qu’ils nous aiment. N’oublions pas les Estoniens. Les Allemands ne sont pas en reste non plus. Nous avons de la chance, parce que, où que nous allions, nous sommes bien accueillis. Nous pouvons dire que nous n’avons jamais rencontré de gens glaciaux ou fermés à notre musique. Je peux peut-être dire qu’un des publics les plus froids était sans doute le public romain en Italie. Mais je pense que c’était plutôt un excès d’attention par rapport à nos chansons. Quant à l’Allemagne, on peut dire que c’est notre seconde résidence. Nous y jouons pas mal et nous avons là-bas beaucoup d’amis. Personnellement, j’aime beaucoup le pays. Je pense que c’est un des meilleurs pays d’accueil pour nous.


Suze : Penses-tu que certains pays sont plus difficiles à atteindre pour obtenir des concerts ou vous accueille t-on à bras ouverts partout ?
Simone :
Oui, bien sûr. L’Espagne est malheureusement très difficile à atteindre musicalement. On a essayé toutes les manières possibles d’y arriver mais c’est bien trop difficile. Ils sont beaucoup trop fermés à notre musique. Même la France n’est pas un pays où il est facile de donner des concerts. Je ne sais pas pourquoi. La France est aussi un pays que j’aime beaucoup. La France présente des difficultés même pour des groupes français et ce n’est pas peu dire. C’est vraiment dommage. Nous y avons déjà été plusieurs fois et espérons pouvoir y retourner un jour. Mais ce n’est vraiment pas simple d’y aller. Il y a certains pays de l’Est où nous voudrions nous produire comme la Lithuanie, la Lettonie et la Russie aussi. Nous aimerions beaucoup y aller mais nous ne sommes pas certains d’avoir un jour la chance de la faire.
Suze : Il y a la Hongrie, aussi.
Simone :
Absolument. Nous avons eu l’occasion de jouer quelques concerts en Pologne. Il y avait là des gens venus de Hongrie et de Tchèquie et de Slovaquie. C’était agréable de rencontrer tous ces gens. Nous avons été pour la première fois en Ecosse, cette année. Ce sera un de nos meilleurs souvenirs et nous espérons bien recommencer l’expérience.

 


Suze : THE WATCH, c’est une montre, garantie de précision et les Suisses en font de très bonnes ! Vous êtes Italiens mais aussi précis que des Suisses ! Vous avez vos propres albums que vous sortez tous les trois ans ! Est-ce un fait voulu ?
Simone :
(rires) C’est vrai, c’est une remarque très judicieuse ! Cela tient probablement du fait qu’il nous faut un certain temps pour goupiller notre musique en un album. Cela nous prend aussi beaucoup de temps pour l’enregistrer. Avant, nous allions dans un grand studio. Maintenant, depuis « Planet Earth », nous voulons tout faire par nous-mêmes. Nous avons donc maintenant un petit studio mais ça nous a apporté du positif. (Et il commence à me dire les choses en Italien tout en regardant Marco Fabri qui parle français en espérant grand secours) Nous voulons aussi en quelque sorte rompre la routine et nous sortons un album tous les trois ans en faisant d’innombrables choses entre temps. Nous espérons néanmoins sortir notre nouvel album en janvier. Finalement, c’est assez difficile d’écrire de la bonne musique pour soi-même.


Suze : Pourtant le line-up a quelque peu changé, pourquoi ? Cela vous permet de faire des choses meilleures ?
Simone :
Oui, les choses ont changé. Il est toujours difficile de trouver les meilleurs musiciens du monde pour son groupe mais au travers de l’Europe, c’est chose possible. De loin, ceci est le meilleur line up que j’aie jamais eu. C’est vrai qu’il y a des moments de séparation mais les retours au travail se passent toujours dans la facilité. Finalement, nous sommes comme des amis qui partagent une scène. C’est vrai que c’est notre métier mais c’est aussi à chaque moment une très émouvante et belle expérience. Après « Primitive », j’étais fortement désappointé par l’arrêt de certaines personnes du groupe mais tout ce qu’il a fallu faire par la suite représente les meilleurs moments de ma vie. Je ne sais pas ce que les autres membres du groupe en pensent. L’assentiment semble général. Je ne vous l’ai pas encore dit mais ils sont tous là, éparpillés dans la salle et écoutent religieusement tout ce qui se dit.


Suze : « Planet Earth » met en cause le comportement des hommes sur cette planète ! Crois-tu que quelques hommes s’acharnent à détruire ce que d’autres ont construit pour en arriver à ce que l’on appelle « Armageddon », terme biblique symbolisant le lieu du combat final entre le bien et le mal ? Lieu qui serait en l’occurrence la terre ?
Simone : J
e n’ai pas écrit les paroles de cet album. Elles ont été écrites par mon ami Antonio de Sarno, qui fait partie de notre team. L’idée était de décrire ce qu’est l’homme sur « Planet Earth ». C’est une partie très obscure de notre vie car je suis réellement atterré de voir ce qui se passe avec notre planète. Je m’implique beaucoup dans l’écologie et je m’y intéresse énormément aussi. J’ai fait l’université dans mon jeune temps avec des cours scientifiques et je peux donc comprendre certaines choses. J’ai donc dit à Antonio de tourner autour de ce sujet en lui enjoignant de faire comprendre aux gens que la planète est finalement leur mère ! Mais nous ne sommes qu’un petit groupe qui peut envoyer de petits messages. Aussi, nous voulions déjà interpeller les auditeurs simplement avec le titre « Planet Earth ». C’est vrai que des hommes détruisent maintenant ce que d’autres ont mis du temps à construire par le passé. Mais, on peut le dire même spécifiquement pour l’Italie, il n’y a pas vraiment d’inquiétude pour les générations futures. C’est vraiment un point qui me tracasse énormément. Et je dois avouer que cela m’attriste.


Suze : Sur la pochette, un mellotron quasi noyé sous une cascade d’eau pure. Une façon de mêler drame et pureté ? De mêler l’eau et le sang ou de laver le sang par l’eau ?
Simone : (Vu la tête et l’expression de tous ceux qui étaient présents dans un silence quasi religieux, on peut dire que la question a étonné et aussi ravi)
La pochette a été élaborée par notre ami Spencer BOWDEN de Washington. Nous avons juste tenter de lui donner une idée de départ et lui, il est venu avec cette esquisse d’un mellotron sous une guitare à douze cordes, le tout sous une cascade. L’idée de départ était d’expliquer à quel point notre musique est importante pour nous. Le mellotron et la guitare à douze cordes font partie de nos instruments de musique préférés. Ils peuvent donc s’associer à notre mère la terre. La cascade permet de mieux comprendre la pochette en elle-même. En fait, il y a une part de nous-mêmes dans cette pochette. Je suis très heureux du résultat et nous recevons beaucoup de commentaires positifs à ce sujet. Nous sommes également fort heureux pour Spencer.
Suze : Vous travaillez maintenant chaque fois avec lui ?
Simone :
Pour le nouvel album, je ne pense pas que nous travaillerons avec lui. Je pense que nous allons travailler avec un de nos amis italien. Il a un autre style mais nous voulons changer. Nous voulons essayer d’autres styles. Spencer avait aussi fait la pochette de « Primitive ». Donc, je pense qu’il est temps de changer un peu mais il se peut que nous retravaillerons avec Spencer dans le futur. Les choses peuvent varier et les personnes travaillent différemment les unes des autres.


Suze : Tous ceux qui aiment le Prog des années 70 se retrouveront aisément dans cet album ! Manifestement, THE WATCH est toujours créatif ! D’où vient ton inspiration ?
Simone :
Principalement du fin fond de nous-mêmes. Nous essayons de faire ce que nous nous devons de faire correctement. Le plus souvent, j’amène les idées et nous travaillons dessus ensemble. Parfois, chacun peut aussi travailler dans son coin et nous mettons le tout ensemble par la suite. Mais je suis certain que je ne peux rien faire de différent. Ecrire des paroles et tenter de mettre des notes sur ces paroles demande beaucoup d’énergie et de temps. Je ne pense pas pouvoir faire les choses de différents manières pour arriver au même résultat, et toucher les gens de la même façon. Probablement que les gens sentent en écoutant notre musique qu’elle provient littéralement des profondeurs de nos entrailles. Nous essayons de faire les choses le plus honnêtement possible et simplement d’exprimer ce que nous ressentons. La musique est une partie très importante de notre vie. Quand tu fais quelque chose et que tu crois de toutes tes forces à ce que tu fais, les gens te respectent beaucoup et apprécient aussi ce que tu fais. C’est un point de vue très simple mais c’est le point de vue du musicien passionné par ce qu’il fait. Nous allons sur scène et nous essayons tout simplement de faire passer au public ce que nous avons au plus profond de nous-mêmes. Je pense que le public peut le comprendre et le percevoir. Il y a pas mal de gens qui nous ont dit que c’était très différent de voir THE WATCH jouer GENESIS et voir THE MUSICAL BOX jouer GENESIS. C’est vrai que nous faisons des reprises mais nous donnons un concert en interprétant les chansons à notre façon. Nous ne cherchons pas à recréer la situation du concert d’origine. Le public se dit sans doute qu’il va revivre la jeunesse de GENESIS au travers de nos interprétations. On peut dire que nous retrouvons toute notre jeunesse en jouant ces chansons. Mais nous avons aussi des choses à dire et nous tentons de les transmettre ! (Du coup, Marco intervient en disant qu’il a toujours ses 20 ans. Il est plus jeune en effet mais ne les a plus non plus. Rire général , bien entendu) Le show de THE MUSICAL BOX n’est pas comparable au nôtre. Il est bien plus spectaculaire. Il y a plus de monde autour, plus de techniciens. C’est fantastique mais c’est très différent de ce que nous faisons. Les gens sentent qu’il y a vraiment une âme derrière notre manière d’interpréter nos chansons comme celles de GENESIS. Quand je serai mort, je pourrai faire un retour sur ce que j’ai fait. Après la vie, nous nous rendrons sans doute compte de ce que nous avons veillé à faire pour notre planète et rendre la vie des autres meilleures. Quand nous en serons là, nous pourrons réellement faire tout ce qui nous passionne.
Suze : L’an passé, Steve HACKETT m’a affirmé que la chose la plus importante était celle que l’on faisait avec son cœur.
Simone :
Absolument ! C’est tout à fait vrai. Plein de gens viennent nous demander comment nous réussissons à voyager avec tout notre bardat dans notre van. On s’en fout du véhicule dans lequel on circule du moment que nous pouvons vivre notre passion sur scène ! Ce qui compte, c’est de pouvoir faire ce qui nous importe. Tu peux être une star et loger dans des hôtels prestigieux et ne pas faire ce que tu aimes vraiment !


Suze : Tu as un invité sur cet album : John HACKETT. Il joue de la flûte sur « New Normal ». Pourquoi lui et pourquoi la flûte ? Trouves-tu que cet instrument reflète mieux le désespoir d’une situation, à savoir l’inéluctable fin de la terre ?
Simone :
John HACKETT parce que nous aimons ce que Steve HACKETT a fait tout au long de sa carrière. John a rejoint Steve dès ses premiers albums et il joue sur presque tous. Nous avons rapidement découvert qu’ils avaient le prog dans les fibres de leur cœur. Quand nous nous sommes rencontrés, nous avons de suite compris que nous étions sur la même longueur d’onde. Il en a été de même avec Nick MAGNUS. Tout est venu très naturellement : nous avions cette chanson et j’avais fait des essais de flûte dessus. Nous avons vraiment eu envie que ce soit lui qui joue de la flûte sur ce morceau. Je ne suis pas un flûtiste. Je joue juste simplement de la flûte. John, lui, est flûtiste. Il peut transmettre des émotions fantastiques au travers de son instrument. Il y a quelques semaines, nous étions au Steve HACKETT Event et ils ont joué une section acoustique à trois donc, Steve, John et Roger KING. Pour moi, c’était un moment magique à cause du merveilleux son de la guitare acoustique de Steve et du fantastique son de la flûte de John. Je jouais aussi donc je n’ai pas écouté THE WATCH mais tous les moments furent fantastiques. J’en avais par moments la chair de poule. A un moment donné, Catherine Jones m’adressais la parole mais je n’étais pas présent, j’étais en transe ! Je me suis excusé ensuite de mon impolitesse. Ce fut donc réellement un plaisir de travailler avec John et je pense que nous aurons encore d’autres occasions de collaborer. Nous allons en Angleterre en novembre et nous espérons qu’il pourra faire une petite incursion sur scène.



Suze ( pour Fred) : J’ai lu que vous alliez à la convention du 10° anniversaire de Prog’Résiste cette année.Je devine que tu sais que seuls leurs groupes préférés vont jouer à cette occasion ? Comment ressens-tu le fait de figurer parmi les préférés du Spirit ?
Simone :
C’est très gratifiant. Cela fait une dizaine d’années que nous nous connaissons maintenant et c’est très important pour nous d’être en quelques sortes reconnus. On aime ce que nous faisons actuellement. Pour moi, ce fut un agréable et merveilleuse surprise.
Suze : Que penses-tu justement des petites salles comme le Spirit Of 66 ?
Simone :
Nous aimons beaucoup cette salle. Nous avons été là-bas pour la première fois en 2001 si mes souvenirs sont bons. C’est toujours une sorte d’événement pour nous quand nous avons l’occasion de jouer là-bas. C’est un plaisir. L’homme qui nous reçoit là-bas se nomme Francis et c’est quelqu’un de vraiment chouette. Un peu autoritaire…(Nous avons beaucoup ri à cause d’une certaine restauration chinoise mais que personne ne décrie cependant)


Suze : Tu connais certainement l’affiche de la convention. Y a t-il des groupes que tu connais bien et avec lesquels tu entretiens des contacts ?
Simone :
J’ai vu que RPWL serait présent. Nous avons eu l’occasion de jouer avec eux. J’étais vraiment fan de leur batteur mais il a changé par la suite, je pense. (En effet, Marc THURIAUX est l’actuel batteur) Je sais que LES GENS DE LA LUNE viennent. Nous étions au Steve HACKETT Event mais nous ne les avons pas vus jouer car nous devions partir. Mais nous travaillons très dur pour l’enregistrement live aux States et sur le nouvel album et nous n’avons pas vraiment le temps de nous pencher sur l’affiche de la convention et c’est dommage.


Suze : Une année fort bien remplie que 2010. Qu’en sera t-il de 2011 ? Des projets précis ?
Simone :
Nous commençons à planifier le programme des concerts pour l’année prochaine et donc une nouvelle tournée. Nous allons sortir le nouvel album et nous espérons vraiment qu’il connaîtra le même sort que « Planet Earth » qui marche très bien. Nous en sommes très heureux. Je ne sais pas à quoi s’attend le public parce que nous avons un peu de changement dans notre matériel vu que nous faisons tout nous-même. Et puis, le matériel de GENESIS était également très différent de ce que l’on connaît maintenant, on a donc plus tout à fait les mêmes sons. Nous allons voir comment les fans vont l’accepter. De toute manière, ce sera une année très occupée et nous espérons de tout cœur que la météo sera plus clémente avec nous. Je pense que la réalité d’une météo plus clémente viendra un jour. Cette année, depuis notre premier concert à Berlin jusqu’à presque la fin du mois d’avril, nous avons eu droit à de la neige, de la pluie, du vent, des tempêtes.


Suze : en dehors de la musique, as-tu d’autres passions ?
Simone :
Oui, une de mes passions ou plutôt ma passion est mon fils. Bien sûr, en concert, quand tu as ton fils en face de toi, que peux-tu désirer de mieux ? Et mon épouse ! Elle ne bronche pas quand je travaille dix heures par jour ! J’aime tout ce qui représente les sons. Il y a quelques années, je me suis occupé d’enfants handicapés. Ce fut vraiment une bonne expérience pour moi. Malheureusement, je n’ai plus le temps de le faire encore. J’aime faire du ski dans les Alpes. Milan est une ville que j’aime beaucoup. Mes parents y ont vécu. J’aime y aller voir ma famille. J’apprécie le calme de l’endroit.


Suze : Penses-tu à finir tes vieux jours sous le soleil de l’Italie ou la musique te portera t-elle de découvertes en voyages jusqu’à ton dernier jour ?
Simone :
La dernière partie de ce que tu viens de dire a tout son sens pour moi. Cela représente comme un rêve pour moi de pouvoir complètement fuir l’Italie. Je ne désire pas vraiment épiloguer là-dessus mais la situation politique italienne ne me plaît pas du tout. Les Italiens n’ont que ce qu’ils méritent. Ils n’avaient pas besoin de voter pour lui (parlant de Silvio BERLUSCONI). Pour moi, ce serait un rêve d’aller vivre dans le sud de la France. J’aime beaucoup cette région. Lui aussi il l’aime beaucoup (en nous montrant Marco). Nous aurons peut-être un jour l’argent pour y acheter une maison.
Marco FABRI : Il espère que je lui rapporte un jour assez de sous pour pouvoir y aller ! On irait en Provence !
Simone : Ah, la Provence !
Marco : Ce serait aussi un peu le repos du musicien.
Tournée générale de rires.


Suze : Quelle est la question qu’on ne t’a jamais posée et que tu rêverais d’entendre ?
Simone :
Ha ! Cette question-ci, on ne me l’a jamais posée ! Il y toutes sortes de questions et il est clair que tu aimes ce que tu fais. Quelquefois, les gens nous demandent des nouvelles du prochain album, et une appréciation du concert. J’aime quand nous avons la chance de pouvoir expliquer, comme nous sommes régulièrement comparés à ce que GENESIS a pu faire, que nous faisons pas de follement nouvelles choses au niveau musical. J’aime quand on nous donne la chance de pouvoir expliquer pourquoi nous faisons cela et de dire en même temps toute la passion que nous avons pour notre mission qui est notre activité. J’aime quand on nous donne l’occasion de raconter ce que nous faisons, comment nous le faisons et pourquoi nous le faisons. C’est à la fois simple et compliqué. Je prends toujours cet exemple du policier qui nous a arrêté en Suisse. Il a vite fait de juger notre vieux van et il a décidé de pousser les choses plus avant. Tu sais, quand Steve HACKETT va sur un concert, il voyage dans un van et il joue en ne s’occupant pas du reste. D’un autre côté, notre âge ne correspond peut-être pas à ce que le policier attendait de gens circulant dans cette vieille camionnette. Pour nous, c’est aussi le chemin le plus direct pour dire aux gens qui nous sommes, parce que quelques fois, nous jouons de la musique compliquée, spécialement écrite par d’autres. Ce n’est pas toujours simple. Mais nous aimons expliquer à quel point nous sommes attentifs à ce que nous jouons, aussi quand nous jouons du GENESIS. Après avoir fait trois albums, ce ne fut pas si simple de reprendre la musique de GENESIS. Mais, d’un autre côté, cela nous a coulé de source et nous essayons de le faire passer aux gens. Je pense que les gens qui viennent nous voir en concert ne sont pas toujours de la première jeunesse. Nous donnons tout de nous-mêmes sur scène et nous espérons que les gens le sentent aussi comme ça.
Pour en revenir à ta question, j’aime donc les questions qui me donne la chance de pouvoir m’exprimer de cette manière. Et tes questions m’ont donné cette chance, je t’en remercie.


Suze : quelques mots pour nos lecteurs de Progressive Area ?
Simone :
J’apprécie le travail que tu fais pour Progressive Area. Quand on pourra lire ce que tu as écrit, je pense que les gens pourront être assurés de lire les textes de gens qui se soucient du travail qu’ils font. Je pense que c’est ce que chaque lecteur recherche. Pour écrire aussi, il faut de la passion, expressément pour un sujet comme la musique. La musique, c’est de la pure passion.

Merci beaucoup

Merci à toi !





PS : Si vous en avez l’occasion, accourrez les voir à la Convention Prog Résiste 2010 au Spirit Of 66. Ils seront là le 9 octobre !

Par Suze (avec l’aimable concours de Fred)
Photos par Merlin
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Commentaires
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Fraydd     | 87.240.235.xxx | 2010-08-10 11:18:06
Belle interview... très agréable à lire
Merci à Suze d'avoir été mon porte parole, j'étais un peu occupé pendant l'interview
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SUZE   | 81.242.143.xxx | 2010-08-14 17:59:16
Merci à toi
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Anonyme   | 85.201.100.xxx | 2010-08-13 13:24:43
Clair, belle interview. Comme j'étais présent, le fait de te lire m'a rappelé chaque instant, que du bonheur.
Merci Suze

Papy
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SUZE   | 81.242.143.xxx | 2010-08-14 17:58:17
Merci à toi Papy!
Bises, Suze
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Fred 2 la lune     | 83.112.98.xxx | 2010-08-16 17:22:54
Merci et bravo à toi, Suze
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Anonyme   | 81.241.23.xxx | 2010-08-17 15:31:12
Merci à toi!
A quand au Spirit?
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Dernière mise à jour : ( 11-09-2010 )
 
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