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Une question se pose : Frank ZAPPA est-il progressif ? A l’écoute de « Hot Rats » la réponse semble oui. Pourtant il serait réducteur d’enfermer ce multi-instrumentiste dans la pop progressive.
Né à Baltimore en 1940 sous le nom de Frank Vincent ZAPPA, ce compositeur doué va s’avérer être l’un des musiciens les plus prolifiques de son ère jusqu’à son décès en décembre 1993 lié à un cancer de la prostate.
Rencontrant un énorme succès, en particulier en Europe, son travail va explorer tous les styles : le psychédélisme, le pop, le hard rock, le blues, le funk, le reggae, le jazz, le jazz-rock, la musique concrète, le prog…
Influencé à ses débuts par le blues et le rhythm’n’blues, la découverte de l’œuvre du compositeur de musique concrète du français Edgar VARESE, installé à New York, va être décisive dans la carrière de notre guitariste. L’écoute du « Sacre Du Printemps » d’Igor STRAVINSKI aura également son importance.
Au milieu des années 60 il crée à San Francisco les MOTHERS OF INVENTION groupe psychédélique qui casse les structures du rock en intégrant de la musique concrète et un humour ravageur. Toujours soucieux d’être plus performant, à la recherche d’une plus grande sophistication et voulant élargir ses influences, Frank ZAPPA est souvent amené à changer de musiciens et en octobre 1969 il délivre une œuvre plus personnelle avec son deuxième album solo : « Hot Rats », un disque sublime d’avant-garde rock, d’envolée lyrique, majestueuse et limpide tout en débordant d’inventivité, au son très actuel.
« Hot Rats » composé de six pièces est entièrement instrumental, à l’exception de « Willie The Pimp » chanté par un invité de prestige, le déjanté Don Van VLIET plus connu sous le nom de CAPTAIN BEEFHEART. Ce titre psyché va dévoiler un Frank ZAPPA qui excelle à la six cordes électriques avec soli ravageurs, éblouissants, heavy et funky à la Jimi HENDRIX, le tout soutenu par un violon dynamique. Si ce passage paraît psyché, notre artiste va toutefois s’émanciper du genre même si le morceau d’intro, « Peaches En Regalia », peut paraître rétro évoquant les MOTHERS OF INVENTION. Le reste va s’avérer très avant-gardiste aux orientations Free Jazz, voir jazz rock comme le long et excellent « The Gumbo Variation » où la guitare et le violon, joué par Don HARRIS, vont proposer un duel d’enfer, percutant et incisif. On entre dans le jazz fusion, voire le R.I.O. (Rock In Opposition) avec des moments plus symphoniques comme « Son Of Mr. Green Genes » où le final ressemble à du YES avant l’heure. Tout comme « Little Umbrellas » où l’on côtoie le style Canterbury évoquant Mike OLDFIELD, là aussi bien avant l’heure. En fait, ce disque va avoir un impact considérable sur le rock psychédélique anglais sur le point de se transformer en rock progressif en cette fin des années 60. Bien au-delà de ça, « Hot Rats » va s’avérer l’un des premiers albums de jazz-rock avec « In A Silent Way » de Miles DAVIS. Bien plus, il va être le premier grand album de rock progressif américain, genre qui pourtant explosera au milieu des années 70 sur le nouveau continent.
Frank ZAPPA venait de réaliser un disque incontournable et intemporel ouvrant de nouvelles perspectives pour toute une génération de musiciens comme le violoniste français Jean Luc PONTY qui participa à « It Must Be A Camel », dernier titre de « Hot Rats ».
Bref, un disque à posséder pour qui veut connaitre la genèse du rock progressif.
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Chroniqueur : Jimmy James
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Line-up
Frank Zappa - Guitar, Octave Bass & Percussion
Ian Underwood - Organ, Piano, Flute, Clarinet & Saxophone
Captain Beefheart - Vocal
Sugar Cane Harris - Violin
Jean-Luc Ponty - Violin
John Guerin - Drums
Paul Humphrey - Drums
Ron Selico - Drums
Maz Bennett - Bass
Shuggy Otis - Bass
Lowell George - Guitar
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Tracklist
01. Peaches En Regalia (3:39)
02. Willie the Pimp (9:17)
03. Son of Mr. Green Genes (9:00)
04. Little Umbrellas (3:34)
05. The Gumbo Variations (16:57)
06. It Must Be A Camel (5:16)
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