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Lors de la parution de leur premier essai «Hinterland» (2005) les musiciens de WOBBLER ont souvent été comparé à leur confrères suédois de ANGLAGARD. Une comparaison qui s'est légèrement atténuée avec leur second essai «Afterglow» et qui risque fort de complètement disparaître suite au lancement du tout nouveau «Rites at Dawn» que le groupe a incidemment présenté pour la première sur scène dans le cadre de la 7e convention TERRA INCOGNITA le 21 mai dernier. Évidemment, le rock progressif des années 70 est toujours à l'honneur (pas d'inquiétude à ce sujet!) mais le groupe négocie un virage avec l'arrivée d'un nouveau chanteur en la personne de Andreas PRESTMO, une approche musicale différente qui implique une «redistribution des tâches». Ainsi le leader du groupe Lars Fredrik FROISLIE a préféré être plus discret et laisser plus de place à ses coéquipiers. L'occasion était trop belle pour ne pas s'entretenir avec l'ubiquiste claviériste norvégien et en apprendre plus sur ce troisième essai !
Michel BILODEAU : Est-ce que vous avez travaillé pendant longtemps sur les pièces de «Rites at Dawn» ?
Lars Fredrik FROISLIE : L'enregistrement de ce disque s'est étalé sur environ deux ans. Pour en savoir plus nous avons tenu un journal de bord assez détaillé des séances d'enregistrement. Allez voir sur www.youtube.com/fredfroi. Lorsque nous avons commencé à enregistrer nous ne savions pas vraiment de quelle façon les pièces allaient évoluer. Elles ont souvent pris forme par elle-même. Menant leur propre vie, souvent différentes des versions «live». Aussi au début nous n'avions pas de chanteur car Tony, le chanteur de «Hinterland» et «Afterglow» nous a quitté peu après l'enregistrement de «Afterglow». Nous savions seulement qu'il y aurait pas mal plus de parties chantées sur ce disque. Il y avait donc plusieurs sections qui étaient «ouvertes» pourrait-on dire, qui étaient désignées pour accueillir le chant. Lorsque Andreas (PRESTMO) s'est joint à nous en octobre 2009 toutes les pièces du casse-tête se sont mises en place. Nous ne pouvions pas trouver un meilleur chanteur.
M.B : Pouvez-vous nous parler de ce nouveau chanteur. Je présume qu'il a chanté au sein d'une autre formation avant de se joindre
à WOBBLER ? Quand avez-vous commencé à l'intégrer au groupe ?
LF.F : Si j'avais un seul chanteur à choisir dans le monde et bien ça serait Andreas. Je l'ai remarqué lorsque je l'ai vu chanter dans un groupe hommage à YES lors d'un concert à Oslo il ya plusieurs années. Il chantait certaines partitions mieux que Jon ANDERSON lui-même et j'ai pensé «Wow c'est le parfait chanteur prog». Et il l'est. Il est extrêmement créatif, compose des paroles, joue de la guitare et de la flûte et il peut chanter tous les styles. Avoir une voix «à la Geddy LEE» ou «à la Robert PLANT» et passer à des voix plus douces comme celle de Kerry MINNERA ou de Jon ANDERSON mais toujours à sa façon. Andreas a chanté dans un groupe qui a pour nom LUKAS KASHA jusqu'à l'été 2009. Donc, lorsque je l'ai contacté il était prêt à travailler !
M.B : Je suis agréablement surpris par le potentiel de sa voix. Il peut effectivement chanter dans un style «à la Jon ANDERSON» ou «à la Kerry MINNEAR» pour passer l'instant d'après dans un style disons plus scandinave.
L.F.F : Exactement !!
M.B : Parlant de Jon ANDERSON on peut dire qu'il y a aussi d'autres références à YES mais cette fois dans la structure des pièces. On a l'impression
par exemple lors de certaines sections du titre «In Orbit» que l'on écoute une chanson inédite de l'âge d'or de YES, c'est à dire la période «Fragile» et «Close to The Edge». Était-ce un choix conscient ?
L.F.F : Oui, je suis d'accord avec ce constat. On retrouve dans cette chanson une certaine affiliation à YES. Évidemment nous utilisons plusieurs instruments que YES utilisait à cette époque et en plus la voix de Andreas évoque celle de Jon ANDERSON. Et évidemment nous sommes de grands fans de YES, GENESIS, GENTLE GIANT, KING CRIMSON, ELP et j'en passe et d'une certaine façon nous avons toujours rendu hommage à ces groupes.
Mais, en même temps je sens que nous sonnons comme WOBBLER et j'espère que les gens vous nous percevoir autrement que comme une pâle copie du passé.

M.B : Dans cette même pièce vous parvenez à marier des références bien diverses comme par exemple lorsque vous vous lancez dans un solo digne des meilleurs moments du Canterbury alors que la structure de la pièce à ce moment précis peut évoquer GENTLE GIANT avant de glisser vers une envolée de saxophone ! C'est un des mes moments préférés de cette chanson.
L.F.F : Merci ! J'adore l'orgue Canterbury avec fuzz et wah-wah «à la HATFIELD & THE NORTH, EGG, KHAN, CARAVAN et NATIONAL HEALTH » !!
M.B : Parlant de claviers il me semble que même si vous êtes toujours le moteur de ce groupe votre présence est plus discrète. Suis-je dans l'erreur ?
L.F.F : C'est vrai. J'ai essayé de «baisser le ton». Sur «Hinterland» et «Afterglow» il y a un océan de claviers. Parfois couche par dessus couche. Avec pour résultat que vous ne pouvez pas entendre la guitare par exemple. Alors, cette fois je voulais obtenir un type de son plus« live» et alléger la musique pour qu'elle soit moins dense. Quoique nous avons tout de même besoin de quatre claviéristes pour livrer certaines parties en concert ! Aussi la plupart des partitions de guitare de certaines pièces ont été écrites par moi mais au clavier. Ce qui fait que ces partitions sont vraiment difficiles à jouer à la guitare, comme par exemple pour «La Bealtaine» à partir de 3:47 minutes. C'est pour cette raison que nous n'avons pas essayé de jouer cette pièce en concert eh eh eh...
De toute façon c'est la musique qui est importante et non pas que je joue tout le temps pour jouer tout le temps si vous voyez ce que je veux dire.
M.B : Parlant de cette pièce,«La Bealtaine», pouvez-vous nous expliquer l'origine de ce mot ? Ça peut sonner français mais ce n'est pas un mot français...
F.L.L : C'est du gaélique. C'est une fête qui a lieu au mois de mai. Si vous avez vu le film des années 70 «The Wickerman» vous comprenez tout. Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Beltane.
M.B : Vous disiez tantôt que vous avez travaillé sur «Rites at Dawn» pendant deux ans. Ça implique donc que vous meniez des séances d'enregistrement en parallèle pour le disque «Salon des refusés» de IN LINGUA MORTUA.
L.F.F : Oui, je travaille en parallèle sur tous mes projets. Depuis 2006, j'ai été impliqué dans l'enregistrement de quelque chose comme 50 disques et en plus je suis étudiant en maîtrise, je gère Termo Records ainsi que ma propre compagnie et studio où je fais de la musique de films. Au fait, nous avons travaillé l'année dernière sur un projet qui vient de se mériter le titre de documentaire de l'année en Norvège. J'aide aussi des musiciens à enregistrer et ainsi de suite... j'ai assez de choses à faire... Actuellement nous travaillons sur le sixième disque de WHITE WILLOW qui devrait être lancé sur Termo Records plus tard cette année.
M.B : Est-ce que vous avez assez de recul pour cerner quelle est la principale différence entre «Rites at Dawn» et «Hinterland» et entre «Rites..» et «Afterglow» ?
F.L.L : «Hinterland» et «Afterglow» ont été tous deux composées lors de l'été 1999 alors que j'avais tout juste 17 ans et que Morten en avait 18 et Kristian 19. Donc ce nouveau disque, «Rites at Dawn» sonne différemment parce que nous avons maturé depuis. De la bonne façon j'espère !
Encore que certaines pièces ont tout de même été composées en 2006. Donc «Hinterland» et «Afterglow» aurait pu être paraître sous la forme d'un double disque. Mais cela aurait coûté une fortune en temps de studio et je suis bien content que cela se soit conclu de cette façon à cause de raisons économiques. De toute façon depuis que «Hinterland» a été enregistré en 2005 nous avons beaucoup appris que ce soit sur le plan musical ou alors en ce qui a trait au travail en studio. Si j'avais su ce que je sais maintenant sur le travail en studio ! Il y a plusieurs bonnes parties mais je ferais les choses de façon différente si nous devions enregistrer de nouveau «Hinterland» et »Afterglow».
Mais, je pense que cela fait partie du charme de constater les progrès d'un disque à l'autre. Alors que «Hinterland» a été enregistré dans un merveilleux et coûteux studio de Oslo, pour «Afterglow» et «Rites at Dawn» nous nous sommes installés à la campagne et nous avons tout fait par nous-même. Depuis «Afterglow» je me suis procuré beaucoup d'équipement «vintage» comme des microphones Neumann et des préamplificateurs des années 50 que j'ai achetés en Bulgarie pour une bouchée de pain. Je suis donc très satisfait du son et de la musique de «Rites At Dawn» !
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Par Michel Bilodeau (TERRA INCOGNITA)
Traduction par Michel BILODEAU
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