
Ce soir n’est pas un soir comme les autres. Je ne me doute encore de rien mais il va m’arriver de rêver éveillée et je m’en vais vous raconter ce rêve pour que vous le viviez comme moi.
Point de voiture en sortant de chez moi mais plutôt un engin du futur. Une impression de déjà-vu quand je monte à bord. Des armoiries qui font penser à un tableau de la mythologie avec ce brin de futuriste qui le rend quasi irréel. Feu et argent dominent les couleurs et je me rends compte que je ne suis pas seule ! Chic, j’ai un chauffeur ! Il dit de drôles de choses comme coefficient espace-temps 1324.89. Ca veut dire quoi, où suis-je, où vais-je ? Nous décollons et je suis collée sur mon siège ! Je vois passer un astéroïde dans l’espace et dans le ciel en même temps. Je vois des chevaux, des armures, des paysages époustouflants, des combats de sang et de feu où les éclats de métal brouillent ma vue. Un roi, un enfant, une femme, une histoire à la fois du passé et du présent, tout se brouille dans ma tête et je ferme les yeux. Quand plus rien ne vient perturber mes oreilles et mon esprit, je risque un œil et….je suis sur le trottoir du Spirit of 66 ! Ma passion de l’histoire et des histoires m’éclaire peu à peu. Un astéroïde, des chevaux, des armures, un roi, des paysages verdoyants. Et la lumière fut : je suis venue voir le groupe PALLAS d’Ecosse, pour les paysages. Le roi, l’enfant, l’astéroïde se nomment tous PALLAS. Comme l’esprit peut être tortueux !

Nous voici donc en attente du concert de ce sympathique groupe écossais dont le chanteur est un peu neuf. Mais qui voit-on arriver sur scène ? Un beau jeune homme, bien comme il faut, avec une guitare et se présentant comme étant Lewis FRASER. Il va nous interpréter quelques chansons, des reprises. Il me faut un moment pour tilter, les neurones ne sont plus très pétillants en soirée. FRASER, c’est aussi le nom du batteur du groupe ! Nous avons donc le fiston devant, la descendance ! Super ce p’tit gars, belle voix, bonne tournure et un feeling qui pourrait le mener loin. Nous passons un agréable moment en sa compagnie en tout cas. Belle mise en bouche.
Après les hors d’œuvre et l’entrée, vient le plat de résistance, à savoir le groupe futuro mythologique PALLAS. C’est la seconde fois que je les vois avec le chanteur Paul MACKIE. Je n’avais pu le voir de tout près à Loreley mais là, je suis au premier rang et je me délecte. Voyons, un jeans à trou-trou, un T-shirt noir, manquent les chaussettes et les chaussures.

On n’est pas à la plage mais il fait bien chaud au Spirit ce jour. Et ce que nous entendons ne va pas contribuer à mettre un peu de fraîcheur. Superbe musique, mélodies entraînantes où percent parfois ce petit bout de traditionnel qui vous fait frémir de plaisir. Musiciens plus que doués avec une bonne humeur manifeste. Ils sont tout simplement heureux de se trouver là devant une audience en nombre et qui n’en perd pas une miette. Paul en perd lui, des miettes dans l’histoire. Beaucoup de chanteurs carburent à l’eau ou à notre bière des hommes, la Jupiler pour les incultes, mais lui, il est tombé amoureux de la Blanche qui ne fait pas vraiment le même effet. Paul m’a confié lui-même que cette bière le rendait fou….et lui donne chaud car il disparaît pour nous revenir avec un pyjama aux couleurs écossaises tout à fait seyant, avec un caleçon en dessous, en tout bien tout honneur mais rien sur les épaules. Un peu moins chargé, Paul nous donne le meilleur de lui-même. Il sait nous faire rire comme il peut provoquer l’émotion mais aussi le ravissement. Je dois bien vous avouer que j’ai fermé les yeux quelques fois pour me laisser emporter par une musique que j’adore et des mots plein de sens et de mélodie.

Bref, résumons-nous ! Un concert plein d’énergie et de douceur, de mélancolie et d’humour, de mélodies et de chaleur, tous les ingrédients pour nous mener…..à la fin du concert sans que nous ayons vu passer ce fichu espace-temps. Je maudis celui qui a permis au groupe de descendre dans les enfers pour en ressortir bien plus frais que nous, le public. Ils sont revenus, c’est le principal. Ils nous donnent la mesure à nouveau et nous avons même le plaisir de voir deux « gamins » s’affronter sur scène comme deux enfants qui feraient une bataille de polochons. En effet, Lewis FRASER et Paul Mackie se battent joyeusement et ils ne seront ni vainqueurs ni vaincus ! Je ne sais même pas si les auditeurs se sont rendus compte qu’ils avaient vu sur scène un génial bassiste du nom de Graeme MURRAY, un guitariste pas mal non plus nommé Niall MATHEWSON, un musclé batteur du nom de Colin FRASER et mon chouchou de la soirée Paul MACKIE, le troubadour du jour.

Quand je sors du Spirit après moult conversations avec les musiciens du groupe, point de carrosse du futur mais bien ma voiture. Pas de coefficient espace-temps mais l’heure sur le tableau de bord et quatre roues pour avancer. Las, ce ne peut être tout le temps fête mais je ne suis pas prête d’oublier cette drôle de soirée quoique…on remettra peut-être ça au prochain concert !