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Ils exhalent la chaleur mais ils viennent du froid. Elle se consomme froide mais ses ingrédients viennent du soleil. Si je vous dis Norvège et soupe froide, que me répondez-vous ? En tant que fans de prog, vous devriez me répondre… GAZPACHO ! Je vous l’avais dit, c’est un groupe qui vient du Nord et la soupe du même nom se consomme froide !
C’est une soirée que j’attends depuis longtemps. Un concert de GAZPACHO, surtout à la suite de la sortie d’un nouvel album, est toujours un heureux évènement. Une belle brochette auditive ne me démentira certainement pas. Il y en a pour tous les âges et même de ceux qui viennent au Spirit pour la première fois. C’est toujours plus réjouissant pour un groupe de se manifester devant belle audience. Nous sommes arrivés tôt et les places du devant de la scène se sont révélées chères mais nous sommes là et qu’on n’ose surtout pas nous déloger !

Après la demi-heure académique, le groupe se met en place et moi, du moins mon esprit, ne sera plus à sa place de toute la soirée. Ils montent un à un sur la scène : Mikael KROMER à la guitare, mandoline et violon ; Kristian Olav TORP à la basse ; Thomas ANDERSEN aux claviers ; Jon-Arne VILBO à la guitare, Lars Erik ASP aux fûts et enfin, Jan Henrik OHME au chant. Atmosphère sombre, musique sombre pour un groupe qui ne l’est pas. Les instruments prennent feu entre leurs mains alors que la voix de Jan nous parle de la marche des fantômes. « March of Ghosts » est en effet leur dernier chef d’œuvre. Sombre mais enivrant, nous faisant peur mais nous attirant. C’est le même GAZPACHO que l’année passée mais c’est cependant un groupe différent que nous avons devant nous, surtout un guitariste différent. Jon-Arne ne joue plus de la même manière, il est plus… posé, moins fou mais toujours aussi passionné. Il est tout simplement papa et, être papa, ça vous change une vie.

Ils enchainent les morceaux dans une complicité évidente avec beaucoup de clins d’œil et laissent leur musique imprégner le public. Car je peux vous dire que nous n’avons pas le choix, comme le serpent qui vient à l’appel de la musique, nous suivons cette marche dans le monde de l’au-delà. Et qui fait toujours flamber les femmes ? Mikael KROMER ! Il a beaucoup de charme ce p’tit là et il sait se servir d’un violon, instrument quasi essentiel qui rend bien les moments forts tristes, sereins, mystérieux ou dramatiques. Seul ou avec les autres instruments, le violon se met souvent en avant.
Ils sont chez eux au Spirit, ces musiciens venus du Nord. Ils communiquent par le biais de Jan qui nous manifeste son bonheur d’être à nouveau parmi nous. S’enchainent alors des chansons de tous les albums et je dois vous avouer que je n’ai pris aucune note. J’ai juste fermé les yeux et la musique m’a emportée au loin, dans les dunes du désert où la folie et la mort guettent, dans les méandres de la vie où les affrontements se font sur tous les fronts, dans les profondeurs de ces sentiments salvateurs et contradictoires que nous connaissons chaque jour. Un solo de Mikael nous enfonce encore plus dans les profondeurs de nos sensations mais….nous devons en remonter au risque de nous perdre.

Nous n’avons pas vu le temps passer mais ils s’en descendent dans les profondeurs du Spirit pour nous revenir quelques minutes plus tard. Je vis là un moment de pur bonheur car ils entonnent une de mes chansons préférées, « Splendid Isolation » sur l’album « Missa Atropos ». Tout y est parfait et, bizarrement, j’arrive à isoler le jeu de chaque instrument. Nous nous étiolons néanmoins de chaleur, de transpiration et de soif mais la soupe froide semble être devenue bien chaude et…v’là t-y pas notre bassiste super timide qui se met en avant sur la scène et participe même à une joute entre musiciens sur fond de musique traditionnelle. Comme quoi, il faut se méfier de l’eau dormante, elle peut toujours devenir un geyser.
Voilà, mon esprit se voit contraint de rejoindre mon corps. Ils se fondent pour foncer sur les musiciens du groupe, fort heureux de leur soirée. La météo n’était pas vraiment à la soupe froide mais nous, au Spirit of 66, nous nous sommes délectés de cette chaleur venue du froid !
Par Suze
Photos par Merlin
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