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Forcément, lorsque l’on évoque Gavin HARRISON, on pense à PORCUPINE TREE qu’il va falloir désormais conjuguer au passé. Mais l’homme est éclectique, c’est le moins que l’on puisse dire, puisqu’on le retrouve aussi bien du côté du jazz-funk torride d’INCOGNITO dans les années 90 que sur le dernier et fabuleux album de Paul CUSICK (‘P’Dice’), et ce, en passant par les cases KING CRIMSON, BLACKFIELD, Lene LOVICH, Lisa STANFIELD, Paul YOUNG ou … Eros RAMAZOTTI pour ne citer que les plus connus.
Comme dirait la reine d’Angleterre, il y a ‘à boire et à manger’, mais notre homme ne s’arrête pas aux styles, préférant avant tout … jouer, jouer et encore jouer !
Vous ne croyez pas si bien dire ma Queen, car une fois encore, Gavin HARRISON franchit de nouvelles limites en proposant, avec O5RIC, (un multi-instrumentiste avec qui il collabore depuis 2007 et une rencontre internet qui n’avait alors rien de mythique), une musique beaucoup plus technique, dont la complexité tutoie parfois les frontières de l’expérimentation.
D’ailleurs, dès l’entame de ‘Prize’ qui ouvre l’album, c’est roulement de tambours et tranches de slap épaisses à la basse : ça dure un peu moins de vingt secondes, mais ça nettoie les oreilles !!!
C’est l’effet ‘coton-tige’, dans le genre LEVIN-PORTNOY (LIQUID TENSION EXPERIMENT) ou BOZZIO-SHEENAN (EXPLORERS CLUB). Mais des watts à la ouate, on enchaine sur un univers piano-voix très jazz où Kurt ELLING aurait pris les vitamines de Jamie CULLUM pour ressembler à Adrian BELEW !!!
Et justement, impossible de ne pas penser au KING CRIMSON des années 80, à la rythmique tribale et déjantée du duo LEVIN-BRUFORD sur les deux morceaux suivants. Et à KING CRIMSON de manière générale sur l’ensemble de l’album (n’oublions pas quand même que Gavin HARRISON les a rejoints en 2007).
Les compositions s’enchainent, le rythme est d’une subtilité extraordinaire et déconcertante, la voix d’O5RIC n’est pas sans me rappeler les intonations d’un David BOWIE sorti tout droit d’une session de ‘Hunky Dory’. Des titres tels ‘Awake’ ou’Water Slips’ sont de véritables délectations rythmiques, mettez votre casque et laissez-vous emporter par les caisses claires, toms et autres cymbales.
Qu’il s’agisse d’ambiances éthérées, tel le superbe ‘Body Temple’ où les sonorités lointaines de quelques accords de guitare viennent enrichir cette voix funambule sur le fil de l’émotion, ou qu’il s’agisse de rythmes plus syncopés, ‘Own’, ‘107’ ou ‘Way’ en sont de bons exemples, Gavin HARRISON et O5RIC nous emmènent toujours là où on ne les attend pas.
Le voyage n’est pas toujours facile, j’avoue que j’ai failli faire demi-tour à un moment donné, mais au final, je ne regrette vraiment pas d’avoir effectué plusieurs aller-retours.
A conseiller vivement à celles et ceux d’entre vous qui aiment être surpris.
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Line-up
Gavin Harrison - Drums, Percussions, Keyboards, Guitar
O5Ric - Bass, Vocals, Guitar
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Tracklist
01. Prize (4:05)
02. Identitas (5:02)
03. The Man Who Sold Himself (3:23)
04. Own (2:49)
05. Body Temple (5:09)
06. 107 (3:23)
07. Wherewithal (4:52)
08. Awake (4:03)
09. Water Slips (6:06)
10. Way (2:49)
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