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SHYLOCK - Gialorgues - © CBS 1977 |
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Écrit par Jimmy James
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03-06-2012 |
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Il s’agit d’un groupe français originaire de Nice créé en 1974 à l’initiative du guitariste Frédéric L’EPEE. Suite à une annonce affichée dans un magasin d’instrument de musique, le guitariste est rejoint par un fan de YES et MAGMA, le batteur André FISICHELLA ainsi que le claviériste Didier LUSTIG de formation classique (ces deux derniers ayant joué dans le même groupe de rock à reprise). Suite à une idée du claviériste, le trio opte pour le nom de SHYLOCK sans savoir qu’il s’agit d’un personnage de SHAKSPEARE.
Rapidement l’entente s’installe au sein de la formation qui en 1975 sort son premier album autoproduit à mille exemplaires appelé « Gialorgues » (les musiciens répétaient à St Dalmas-le-Selvage dans le vallon de Gialorgues, d’où le nom du 33tours).
A l’écoute, cette galette nous propose un rock progressif instrumental purement symphonique. Les titres ont les noms curieux de « Le Quatrième », « Le Cinquième » et « Le Sixième ». En fait, comme à la manière des grands compositeurs classiques, le groupe souhaitait composer des opus (« Le Premier », « Le Second » et « Le Troisième » existeront mais seulement à l’état de répétition).
Cela débute par « le Quatrième » de plus de 13 minutes avec un clavier imitant un clavecin. Puis Frédéric L’EPEE nous balance un superbe chorus à la six cordes électriques (que l’on retrouvera en conclusion de ce morceau) bien appuyé par une batterie largement rock. Ce chorus dévoile l’esprit de cet opus par moment épique, riche en émotion que n’auraient pas renié Steve HACKETT et Tony BANKS. Car il va mettre en valeur le jeu classique de Didier LUSTIG qui va s’employer à élaborer des mélodies soignées, des boucles hypnotiques et des mélopées de synthé gorgées de rêverie et romantisme.
La suite va montrer un autre visage de SHYLOCK beaucoup plus sombre et noir à l’image du court « Le Sixième » plus conquérant et inquiétant où le jeu de guitare n’est pas sans rappeler celui de Robert FRIPP. Ce titre va dévoiler l’influence majeure du trio : KING CRIMSON époque « Larks Tongues In Aspic ». Toutefois une différence réside. SHYLOCK va maintenir le style symphonique alors que le CRIMSO s’en était presque débarrassé pour aller dans un métal alambiqué.
Mais l’influence est là comme le démontre le titre complexe de plus de 18 minutes, « Le Cinquième ». Et curieusement cette pièce débute avec des bruits de percus insolites (comme dans « Larks Tongues In Aspic Part 1 ») pour se terminer dans une cacophonie organisée (comme dans « Larks Tongues In Aspic Part 2 »). « Le Cinquième » va varier les climats. Entre passages planants, douceurs trompeuses, endroits malsains et moments champêtres à la GENESIS, la batterie maintient la tension pour laisser éclater rythmiques et soli crimsoniens à la guitare pendant que les claviers tentent de maintenir l’esprit symphonique.
Si cette œuvre peut laisser apparaître un manque de cohérence (en particulier dans le dernier titre), elle arrive au moment où le combo de Robert FRIPP disparaissait brutalement. De là à dire que SHYLOCK souhaitait occuper une place laissée vide serait exagéré mais à l’évidence on avait affaire au KING CRIMSON français.
Une évidence qui permettait de signer deux ans plus tard avec CBS, grâce au travail précieux de leur promoteur Christian GOUTTENOIRE, pour une plus grande distribution à l’échelle internationale de ce premier vinyle. Cette signature aurait du être l’annonce d’un avenir prometteur. Hélas, l’histoire s’écrira autrement.
Reste que « Gialorgues » est considéré comme un des chefs-d’œuvre du rock progressif hexagonal réédité en CD par Musea en 1994 avec des bonus (fruit d’enregistrements réalisés au début des années 80 entre Frédéric L’EPEE et Didier LUSTIG pour un projet resté au fond d’un tiroir).
Pour finir, concernant la pochette il s’agit de l’illustration de l’église de St Dalmas-le-Selvage où répétait le groupe en accord avec le curé de la paroisse. A la condition que nos trois amis niçois assuraient musicalement la messe du dimanche. Ça c’était pour l’anecdote.
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Chroniqueur : Jimmy James
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Line-up
André Fisichella - Drums, Percussion
Didier Lustig - Keyboards
Frédéric L’Epée - Guitars, Bass
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Tracklist
01. Le Quatrième (13:05)
02. Le Sixième (3:50)
03. Le Cinquième (18:54)
Bonus Tracks :
04. Pendule (3:02)
05. Sous Un Arche De Pierre (6:26)
06. Prélude A L’Eclipse (2:11)
07. La Robe Et Le Chat (1:48)
08. Pour Le Bal Des Pauvres (1:45)
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Dernière mise à jour : ( 04-06-2012 )
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