Au grès des périodes qui se succèdent où règnent sans partage les groupes de métal étrangers c’est toujours avec un bonheur non dissimulé que je m’empresse d’écouter un nouvel album (au superbe Artwork surréaliste comme je les aime) de groupe Français qui déambule de surcroît dans un registre métal mélodique progressif. Chauvinisme oblige et puis histoire d’imaginer, les maîtres du genre, sans adversaire potentiel, se laisser aller à la facilité.
Très jolie intro sur « Rêve »…et puis pistes de guitares baveuses qui donnent l’impression de n’êtres pas jouées sur le temps (avec la batterie c’est encore plus criant), ouf ! On revient sur quelque chose de plus propre au début de la première minute. Mais c’est Didier Delsaux (Manigance) qui chante sur ce titre. Moment de flottement…et non ce n’est pas lui. Ben mince une fraction de seconde je me suis fait avoir. Bon passons.
« Out of Nowhere » transition singulière et oppressante qui mène à « Halfway to Infinty », titre plus intéressant ou la voix se fait plus personnelle et agréable. Dommage que ce soit au travers de la phonétique de la langue anglaise que la modulation s’enjolive.
A partir de « Vivre sans lumière » on constate un travail de mix un peu mieux réalisé. L’aspect progressif s’exacerbe aussi (et ce jusqu’à la fin de l’album) mais je ne suis pas sûr qu’un effet de type mégaphone sur la voix soit très opportun sur ce titre, d’autant que « Crock » a une tessiture vocale chaude qui se suffit à elle même. Puisque je suis sur l’aspect voix le plus indéniable atout face aux concurrents est la mise à contribution de trois musiciens sur quatre pour enrichir les compos de chœurs. Un vrai plus qui manque à trop d’autres combos.
Des moments forts avec « La haine est la souffrance » avec son entrée percutante, ces alternances d’atmosphères, de mélodies, et son refrain accrocheur, ou « Timecurve Warcurve » et « Everything is Nothing » qui incarnent le mieux l’esprit progressif en plus d’être les plus équilibrés au niveau mixage.
Après plusieurs écoutes j’ai quand même une sensation de gâchis. Le son d’ensemble est assez feutré et quelquefois certains instruments ne se détachent pas vraiment. La batterie souvent en retrait n’amène pas ce côté « punchy » propre au métal, et quelques solos de guitare se noient (et pas toujours juste dans l’accordage) dans la masse sonore. Finalement le bassiste et le clavier (d’ailleurs très bon) sortent bien leur épingle du jeux.
Apparemment le groupe a travaillé dans l’urgence (2 semaines d’enregistrement). Les deux albums précédents ont quasiment étés autoproduits et il semblerait vu la production de « The Third Way » que celui-ci n’ai pas été réellement mieux lotis. Mais comme je spécule un peu sur la façon dont s’est réalisé l’album (manque d’argent ou de temps ?), je leur accorde le bénéfice du doute et met une note un peu supérieure à ma première intention.
On dit souvent et c’est peut-être vrai que nul n’est prophète en son pays. Mais je ne désespère pas de voir Awacks représenter dignement nos contrées avec un quatrième opus plus novateur car les musiciens en ont de toute évidence, le potentiel pour.
Pioufff ! Là, je sens que je ne vais pas me faire que des amis.
Chroniqueur : Olivium
Line-up
Crock - Vocals
Nach - Keyboards and Vocals
Stan-W D - Bass
Steve - Guitars
François - Drum
Tracklist
01. Rève (6:51)
02. Out Of Nowhere: Intro (1:10)
03. Halfway To Infinity (4:02)
04. Vivre Sans Lumière (4:51)
05. Waterfall (4:39)
06. La Haine et la Souffrance (9:38)
07. Timecurve Warcurse (5:20)
08. Everything Is Nothing (6:47)
09. S.O.S (5:28)
10. My Secret Place... (6:01)