FESTIVAL RIO 2007- Carmaux, 13, 14 & 15/04/07 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Paskinel   
18-11-2007

13 Avril

Après quelques détours dans la campagne environnante de Carmaux, nous trouvâmes (mes camarades de fortune et moi), le lieu du festival tant espéré. Le temps de prendre quelques repaires (bouffe, pipi room, stands de CD...) et d'appeler Priam qui n'était encore malheureusement qu'a hauteur de Limoges, nous entrâmes dans le vif du sujet.

C'est dans une salle de concert à moitié pleine que SALLE GAVEAU nous accueillit. Servis par un son de qualité, les japonais ont intéprété avec brio leur répertoire très inspiré, orienté "Rock de chambre" que l'on peut retrouver sur leur premier album. Une mention spéciale pour le violoniste NAOKI KITA et son jeu exubérant, qui fut convié quelques heures plus tard, à jouer en compagnie de ZAO, pour le titre "YEN LANG".
La prestation de ZAO, impeccable de professionnalisme, s'est révélée toutefois, un peu sage. L'absence de CYNTHIA SAINT-VILLE (en convalescence pour une opération de la gorge) y fut certainement pour beaucoup ainsi que l'approche moins expérimentale de leur début. Quel plaisir tout de même de réentendre l'excellent "ISIS" extrait de leur deuxième disque "OSIRIS".

14 Avril

Après une nuit de sommeil un peu courte et relativement froide (Priam et moi avions choisi le camping comme moyen de logement), une nouvelle visite aux différents points de ventes de CD s'imposa. Instant propice pour prendre des contacts avec d'autres passionnés. Ensuite, alors que Priam cherchait le meilleur emplacement pour prendre des photos, je m'installais confortablement dans mon siège pour le show de NEBELNEST.

 

Le quatuor s'est étoffé depuis "ZEPTO" de VINCENT BOUFEKA à la clarinette et pour l'occasion de la deuxième guitare. Hélas, un son d'ensemble trop compact (difficile de discerner la clarinette), un mixage perfectible (les synthétiseurs beaucoup trop en avant) et une musique peu communicative
pour les non initiés, ne convaincra pas complètement.


La venue de PRESENT sur scène était attendue avec un peu d'appréhension par l'originalité de son set : Deux pianistes, cinq percussionnistes plus chants.
Après une interprétation de grande rigueur de morceaux tels que "CEUX D'EN BAS", "VERTIGE" ou l'incroyable "PROMENADE AU FOND D'UN CANAL", le groupe fut logiquement acclamé par l'ensemble du public.

 


Dans un registre complètement différent, les vieux briscars PETER BLEGVAD, JOHN GREAVES et CHRIS CUTLER nous ont offert, avec beaucoup de maturité, du blues troubadour, encanaillé en deuxième partie par les solos endiablés de BOB DRAKE, venu en voisin. Un bon moment de détente.


Plus connu pour son sens de la provocation et de la dérision que pour la qualité de ses compositions, le trio FAUST a proposé, ce soir là, un spectacle à mi
chemin entre un meeting anarchiste et un concert de copains improvisé pour la fête de la musique qui dégénèrerait. Complètement surréaliste.

Un grand mérite à AMAURY CAMBUZAT qui a su rester imperturbable
pendant que la perceuse, la tronçonneuse et la bétonnière sévissaient (voir
les photos). Une expérience à vivre au moins une fois.

 

 

15 Avril

La journée de dimanche semblait sur l'affiche la plus prometteuse. Bon présage, les gradins furent pris d'assaut rapidement, pour ne laisser que quelques places aux retardataires.

Hypnotique et tumultueuse, dense et minimaliste, voici quelques termes pour qualifier la musique de GUAPO d'inspiration "Zeuhlienne", jouée ce jour là.

Récemment étendu en quatuor par l'ajout du guitariste KAVUS TORABI, les Anglais, tout de noir vétus, servis par une sonorisation impeccable, ont scotché l'ensemble de l'auditoire pourtant largement averti. Un très grand moment.

Étant un grand amateur de MATS/MORGAN BAND, je me faisais une joie de les revoir dans de bonnes conditions. Hélas, quelques bémols viendront émousser cette motivation. Tout d'abord, le son, particulièrement brut de décoffrage d'où j'étais assis, la batterie étant carrément en avant dans le mix. La formule à trois
musiciens me parait aussi moins attrayante, étant donné la richesse de leurs compositions. Ceci étant dit, j'ai un grand respect pour MATS/MORGAN BAND qui ont donné beaucoup.


De nouveau sur scène, avec la version électrique en sextet (trois Belges, deux Américains et deux Français), PRESENT ont joué en introduction, le mythique "JACK THE RIPPER" (bel hommage au passé de ROGER TRIGAUX). Ce morceau est tout simplement génial et je recommande à ceux qui ne connaissent pas, d'acheter le disque "HERESIE". La suite du concert fut autant passionnante.
Bien qu'étant en mauvaise santé et ne jouant plus beaucoup de ses instruments sur les planches (il occupe maintenant plus un rôle de chef d'orchestre), ROGER TRIGAUX reste le principal attrait tant l'univers de PRESENT semble l'habiter. Mais le reste de la formation n'est pas en reste, à l'image du survolté DAVE KERMAN à la batterie, de REGINALD TRIGAUX très concentré à la guitare et au chant et PIERRE CHEVALIER étonnant de dextérité.

 


N'ayant jamais pu les voir auparavant, ce fut pour moi, la révélation de ce festival. Et vu à la vitesse où les CD du groupe se vendaient pendant l'entracte, je ne pense pas avoir été le seul à le penser.

Que dire de MAGMA ? Ils sont certainement à l'origine du succès de ce festival, grâce à leur pouvoir de rameuter des hordes de fidèles ainsi que de nombreux novices. Il faut les voir une fois pour comprendre le magnétisme qu'ils transmettent, la puissance tellurienne qu'ils dégagent, l'émotion qu'ils communiquent...Bref, je crois que ça dépassent les termes musique ou art, mais je m'emporte. Ce soir là, nous eûmes droit à quelques nouveautés.
L'ajout d'un xylophoniste (particulièrement intéressant sur "KÖHNTARKÖSZ") me parait une bonne initiative, bien que faisant parfois un peu doublon avec la guitare de JAMES MC GAW ou le Fender Rhodes de EMMANUEL BORGUI. Nous avons eu le privilège d'écouter pour la première fois, l'intégralité du mouvement "EMËHNTËHT RÊ" avec sa quatrième partie totalement inédite à ma connaissance.

Le couple CHRISTIAN VANDER et son binôme PHILIPPE BUSSONNET fut impérial. Du très bon MAGMA dans l'ensemble, bien que le son fut, à l'instar de MATS/MORGAN, relativement grossier. Après un rappel où CHRISTIAN VANDER chanta une petite ballade "Zeuhlienne", le public,
encore hébété, pu quitter tranquillement la salle.

Ce festival était bel et bien un évènement pour ce style de musique en opposition avec les musiques formatées d'hier et aujourd'hui et je pense l'avoir vécu intensément.

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Dernière mise à jour : ( 01-05-2010 )
 
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