Festival CRESCENDO, St Palais Sur Mer 16, 17 & 18 Aout 2007 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Anglagard   
18-11-2007

 

Il s'agissait de la déjà 9ème édition de ce festival aujourd'hui bien ancré localement et dans le petit monde des musiques soi disant progressives. Le festival CRESCENDO, organisé et animé par une bande de passionnés autour de son fondateur Sébastien, constitue aujourd'hui l’un des derniers bastions qui résiste dans notre paysage musical hexagonal préféré, situé à l'Ouest près de Royan dans un site magnifique en front de mer. L'autre bastion étant dans le Sud Est près de Marseille, le bien nommé Prog'Sud.
Petite nouveauté cette année, puisque CRESCENDO s'est déroulé sur trois journées au lieu de deux, et par la même occasion nous a permis de découvrir un groupe supplémentaire.

Depuis maintenant 2 saisons, Sébastien a pris le parti de ne plus s'appuyer systématiquement sur une où deux têtes d'affiche, quitte à faire des mécontents dans ce petit milieu. L'objectif est de présenter un plateau suffisamment varié et éclectique, venu de tous horizons planétaires (si,si), d'artistes hyper motivés pour donner le meilleur d'eux mêmes sur scène.
Bon, comme dans chaque amateur de foot se cache un sélectionneur, dans chaque progueux se cache un programmateur de festival, avec ses groupes fétiches. Pour notre part, nous respectons ce choix des organisateurs. Qui d'autre aujourd'hui que ces passionnés, est capable de donner sa chance à des groupes quasi inconnus du public dans des conditions techniques dignes des grands ?

Ne croyez surtout pas que vos serviteurs se sont fait corrompre, de toute façon l'argent est rarement présent dans le milieu, ou se sont laissés aller à de la complaisance dans les commentaires sur les prestations des groupes…

1ère journée:

Vacances obligent, me voilà donc tout seul, notre doyen Fred m’ayant lâchement abandonné pour cette première journée… Eh oui on est pas tous en vacances pour cette soirée d’ouverture afin d’assister aux shows. Tout d ‘abord OXYGENE 8, venant tout droit des Amériques (Etats Unis, Chili et Mexique) et ensuite des français sentant bon le Sud Est, les bien-nommés LAZULI, que j’avais préalablement pu découvrir en « off » pas très loin de là, le mardi 14 août à St Georges de Didonne précisément, et que j’avais particulièrement appréciés.

Pour un chroniqueur, arriver en retard à un concert ne fait pas très professionnel, et pourtant votre serviteur l’a fait, bloqué que j’étais dans les embouteillages post plage.
De ce panel de virtuoses, on pouvait légitimement s’attendre à une prestation de qualité.

Donc, dès mon arrivée sur le site, je suis tombé en pleine intervention de Claudio CORDERO, un clone de Joe SATRIANI et consoeurs, un virtuose du manche qui a déboulé seul sur scène, nous assommant de riffs, de notes dans tous les sens pendant une bonne demi-heure, et pour finir avec l’ensemble, Linda CUSHMA en tête, un batteur et un autre musicien lui aussi au Chapman Stick, deux c’est un peu trop. Leur prestation ne m’a pas emballé pour autant. J’avais apprécié leur premier album de 2003 « Poetica », avec des musiciens de prestige comme Tony LEVIN en guest et Tim ALEXANDER à la batterie (PRIMUS, ATTENTION DEFICIT).
Le dernier album « Freak Of Nature », que Linda est venue présenter, est à mon sens un ton en dessous, et en concert, cela se ressentait énormément. Mais comme je vous l’ai dit plus haut, je n’ai pu assister à tout leur set, il m’est donc difficile d’exprimer un jugement tranché, j’ai peut-être raté le plus beau, la première partie… Pauvre de moi, je ne le saurais jamais…
Le temps d’un break de trente minutes et le public afflua encore un peu plus, pour voir évoluer LAZULI une dernière fois dans le coin. Trois dates « Off » ont suffi au groupe pour affronter le grand soir. Une scène plus grande, des lights plus importants et un son vraiment à la hauteur (sur tout le festival, il est bon de le rappeler) a été donc mis à leur

disposition et le spectacle est encore à la hauteur de mes espérances. Set grandiose avec une partie du public tout acquis à la cause Lazulienne, le groupe nous a offert deux heures de spectacle, servi par les frères LEONETTI et leur bande, Domi en tête. Rien à redire, une seule erreur : la disparition du médiator qui a atterri dans les cheveux de Domi. Comme quoi, c’est sur scène que l’on voit les pros…
Nous avons retrouvé les tubes du groupe qui ont parcouru leurs deux principaux albums, « Amnésie » et « En avant doute…», dernier en date qui prend sur scène toute sa dimension.
La surprise du chef pour conclure, avec la visite sur scène de l’immense Hassan HAJDI, guitariste de ANGE, venu nous asséner un solo de guitare dont lui seul a le secret, un grand moment pour le groupe et pour les autres.
Un grand merci donc à LAZULI qui a su une fois de plus épater la galerie et pour ma part, me finir.

2ème journée:

La deuxième journée démarre sous le soleil encore présent à 19H30, même si la température est loin d’être caniculaire.

Et pile à l’heure (Ne me demandez pas comment j’ai fait),
pour voir sur scène le groupe de Métal Progressif fusionnesque tout droit venu du Chili, venu présenter sa deuxième
production : « Bonzaï ». Les quatre messieurs sont en fait comme décrits sur leur pochette d’album. Ils ont des doigts
et des mains partout ! De vraies pieuvres avec une mention spéciale au batteur.


Un métal qui décape avant tout, une aisance sur scène tachée par la complexité de leur musique. Leur première prestation scénique en France a fait mouche et même après presque deux heures de concert, le public était encore demandeur. Donc mission réussie pour eux et bonne performance.

Après les « déménageurs » chiliens (pour ma part, je reste un peu hermétique à ce genre), place à des « papys » venus de Suède , et oui, alors que TRETTIOARIGA KRIGET (tout juste, du premier coup…) se présente lui aussi pour la première fois sur une scène française. Leur premier album date d’un temps maintenant lointain (1970), dénommé l’âge d’or du progressif où des pionniers défrichaient des terres musicales encore inconnues… non mais je commence à délirer, comme quoi la bière, le soleil et du son lourd ne font pas bon ménage.

Plus sérieusement, si bon nombre de groupes ont connu leur heure de gloire durant cette période, nos suédois n’ont pas franchement connu la consécration, hormis peut être en Suède. Pourtant, le line-up est resté inchangé durant toutes ces années et le groupe produit toujours des albums dont le dernier en date, paru en 2005.
Leur set a débuté gentiment dans la bonne humeur, avec des musiciens apparemment heureux d’être là et presque timides.

 


Les titres s’enchaînent plutôt teintés classic-rock, agrémentés par ci par là de plages plus progressives, certes plutôt bien joués mais au bout de quelques titres, la magie commence à s’estomper, le ronronnement et la lassitude s’installent, et le chant en suédois passe moins bien. Nous aurions aimé plus de fougue, de montées musicales qui transcendent et vous dressent le poil. Quand enfin, et juste pendant les deux rappels le groupe, Robert ZIMA, chanteur/guitariste en tête commence vraiment à bouger et à déclencher un bon moment d’enthousiasme parmi le public. (C’est un peu long, deux heures pour les non-initiés !)

3ème journée :

Et hop, encore du soleil pour la troisième et dernière journée de ce festival, gratuit précisons le aussi, dont les adeptes vont pouvoir continuer à se délecter avec l’arrivée très tôt sur scène, à 17h00 (et encore à l’heure pour moi), du groupe de Franche-Comté MOTIS (deuxième formation française).
Nouveau, parce que je ne connaissais pas, pourtant, ce ne sont pas des débutants puisque leur premier album date de 2000. Franchement, leur prestation m’a ravi et emballé.
Les trois troubadours, en vêtements de rigueur, nous ont compté des scènes médiévales à leur façon. Remy DIAZ, batteur et percussionniste du trio, multiplia les déguisements, au gré de leurs morceaux.


Leur Rock à tendance Progressif, Folk Médiéval de bon aloi nous a franchement transporté dans l’espace-temps, avec humour et curiosité parfois. Le public a même participé à la gigue qui s’imposait pour le final, en chantant et en sautant.
Sympathique découverte en tout cas, personnellement je trouve que MOTIS est avant tout un groupe de scène et cela se voit par leur prestance.

Pour avoir découvert récemment les Québécois de KARCIUS, j’attendais avec intérêt leur set, présumant que leur musique s’accommoderait bien de la scène. Le groupe composé de 4 jeunots à la basse, guitare, batterie et claviers, distille sur ses 2 albums un rock progressif instrumental, péchu par moments, « fusionnesque » à d’autres, voire jazzy par intermittence. Les musiciens, instrumentaux émérites s’en sont donnés à cœur joie, nous agrémentant de solos endiablés tantôt à la guitare façon « guitar hero » de la part de Simon L'ESPERANCE, tantôt au piano plus intimiste et jazzy avec Minguan SAURIOL, jusqu’au batteur Thomas BRODEUR.

Pour animer la soirée, le bassiste Dominique BLOUIN s’est dévoué pour faire le front man non sans un certain humour.
Au final, et sans conteste, une bonne surprise du festival avec cette prestation d’excellent niveau qui a mis le feu dans le public en délire (lol) venu nombreux par ailleurs, du coup nous eûmes droit à deux rappels dont un medley LED ZEPPELIN instrumental sur base de « Kashmir » hautement recommandable.

Pour clore ces 3 jours, les Américains de PHIDEAUX débarquent au grand complet, puisque autour de Xavier PHIDEAUX, sont réunis pas moins de 9 membres dont 4 femmes, soit en tout et pour tout cinq représentantes de la gente féminine durant ce festival. Nos gouvernants ont beau promulguer des lois, la parité n'est pas encore de mise dans le Rock Progressif...

J'avoue que jusque-là, la musique de PHIDEAUX pour ce que j'en connaissais me laissait de marbre, sauf le dernier album fraîchement paru "Doomsday Afternoon", sans conteste une des sorties avec un grand S de l'année 2007, dont vous retrouverez la chronique prochainement sur le site

La musique de PHIDEAUX trouve sa source dans de multiples influences comme un melting pot américain, issu du folk, de la pop, du rock, du prog et j'en passe, avec des mélodies finement arrangées, de sorte que sa musique apparaisse très écrite et très produite.
Par contre, ce style ne donne pas à mon sens sa pleine mesure sur scène, même si nous avons pu retrouver toute sa richesse, ses rythmes soyeux, ses vocaux élégants. Il est vrai que les conditions atmosphériques jusque-là impeccables ont commencé à se dégrader dans cette soirée du samedi, avec l'apparition d'un vent violent obligeant les organisateurs à interrompre le show en plein milieu afin de redescendre les enceintes pour raison de sécurité. Que dire de la pauvre chanteuse déjà pas très à l'aise sur scène, véritablement frigorifiée, elle a profité de cet intermède pour revêtir un gilet.
La prestation du groupe fut malgré tout irréprochable et reçut un accueil chaleureux du public, on pourra dire plus tard, j'y étais, car je ne suis pas sur que l'on puisse revoir PHIDEAUX avant un moment en France...

Pour la petite histoire des trombes d'eau se sont abattues sur le site un quart d'heure après la fin du dernier concert, trop forts les Crescendiens, ils maîtrisent même les éléments...
En conclusion, une neuvième édition particulièrement réussie. N'hésitez à venir soutenir et découvrir cette fête annuelle, l'année prochaine pour l'anniversaire des dix ans, CRESCENDO se surpassera pour nous offrir à nouveau un festival inoubliable.

Site CRESCEND
 

Par Priam & Anglagard

 
Plus de Photos par Priam

(Oxygene 8 - Lazuli), (Octopus - Trettioariariga Kriget), (Motis, Karcius, Phideaux)


Partager

 

Commentaires
Ajouter un nouveauRechercher
Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Website:
Titre:
BBCode:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
 
 
Security Image
Saisissez le code que vous voyez.

Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved.

Dernière mise à jour : ( 01-05-2010 )
 
< Précédent   Suivant >