Concert LYFTRASYR, ABORTED, KATAKLYSM, BEHEMOTH le 14 Octobre 2007 Ninkasy Kao (Lyon) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Kaliana   
18-11-2007
Il est 19h, une foule de métalleux se presse devant l'étroite entrée de la salle de concert lyonnaise. Le temps de se faufiler à l'intérieur, je peux déjà entendre un black symphonique se répercuter dans le couloir d'entrée. Ce sont les allemands de LYFTRASYR qui ouvrent le bal. Manifestement, le public est un peu froid. Un petit noyau de fan se démène dans la fausse, mais tout le monde attend avec impatience ABORTED. La toile du fond, une représentation de l'artwork du nouvel album : "Slaughter & Apparatus, A Methodical Overture", achève de nous conforter dans notre attente.
Les trois blackeux de LYFTHRASYR finissent par dégager la scène. Ce petit black n'était pas très original, mais bien sympa quand même. On rallume les lumières. La foule s'est sensiblement étoffée. C'est marrant, les trois groupes en tête d'affiche ont su ameuter un public assez élargi.
Les fans de BATHORY, DARK FUNERAL , BURZUM, BEHEMOTH pour le black, sont partout. Reste les fans de death: ABORTED, MORBID ANGEL, CANNIBAL CORPSE, KATAKLYSM et Cie. Dans cette masse, quelques hurluberlus arborent les couleurs de MOTÖRHEAD, GUNS'N'ROSES ou BLIND GUARDIAN (moi, héhéhé).
Puis, un groupe barbouillé d'un corpsepaint approximatif, prend possession de la scène. Après cette tournée commune aux deux groupes, on dirait que BEHEMOTH a déteint sur nos français d'ABORTED. Qu'importe, le show est monstrueux! Sven est vraiment impressionnant en alternant grunts, screams et vocaux proches de ce que l'on peut entendre dans le Grindcore. Très proche du public, notre démon français harangue la fosse, organise même les pogos quand l'ambiance lui semble trop mole. C'est comme ça qu'au beau milieu d'un morceau, il ordonne de séparer la fosse en deux pour un braveheart. Des déflagrations électriques et vocaux inhumains plus tard, ça ne rate pas, les deux moitiés du public se rencontrent brutalement dans la joie et la bonne humeur! GROARRR! Oups, non me marche pas dessus toi! Enfin bref, les meilleurs titres de "Goremageddon" et du nouvel album passent. D'autres plus anciens aussi. C'est violent, technique, impeccable! Le set est un peu court, un peu moins de 40 minutes. M'enfin c'est vrai qu'il reste deux gros mastodontes derrière. Quelques minutes de balances, la toile de fond ABORTED tombe et celle de KATAKLYSM, "In The Arms Of Devastation", s'élève.

Et ça démarre fort ! Les québécois sont en forme et le font savoir. Après la bouillie gore/death d'ABORTED (façon de parler car le set était ultra précis et carré), ça fait plaisir d'écouter un death plus mélodique.
Ça Headbang de tous les côtés et les slameurs s'en donnent à cœur joie. Maurizio, le chanteur du groupe, les aide même à monter sur scène.
Il nous lance des "salut les cousins", ou les bon-enfants "Je veux de la violence", "Vous êtes des fous".

Et c'est parti de plus-belle, suivent les "THERE IS ONLY WAY TO DIE: CRIPPLED AND BROKEN!!!", ou "FUCK THEM ALL, LET THEM BURN", très expressifs. On se croirait au théâtre. La plupart des morceaux sont tirés de "In The arms of Devastation", plus quelques titres plus anciens tels "Face the face of war", qui est le dernier titre explosif du set. Le groupe est très ouvert et bien sympa. Ils partent sous les applaudissements: "A la prochaine les cousins !". Puis, c'est encore l'attente. J'avoue que j'étais déjà crevé à l'arrivée, à ce stade, je commence à avoir du mal à rester debout… La toile de fond est à nouveau remplacée et c'est maintenant l'idole phare de "The Apostasy" qui nous lorgne d'un œil mauvais. Des aigles bicéphales en métal sont installés sur les amplis. Le staff installe le micro principal sur une sorte d'autel étrange rehaussé d'un hexagramme stylisé. On se croirait maintenant dans un lieu de culte du genre assez glauque.

 

Et c'est parti ! Nergal nous agresse les tympans de ses vocaux surpuissants, les guitares sont explosives et le Inferno détruit ses tomes. Comparé à leurs performances studio qui donnent une abomination froide et mécanique, le set est très vivant et le groupe très proche du public.
On a droit au meilleur de "The Apostasy", au meilleur de "Demigod".
"Prometherion" est plus morbid angellien que jamais.
"Slaves shall server" et "Conquer All" sont énormes, plus implacables encore qu'une tragédie grecque. Sur un titre plus ancien, les blackeux reviennent barbouillés de sang. Nergal arbore alors un drôle de masque noir. BEHEMOTH joue à fond sur le spectacle, et franchement, c'est réussi ! Le show est époustouflant. Et malgré tout ce décorum malsain et violent, l'ambiance reste très bon-enfant. Les plus grand gamins d'entre les métalleux présents s'agitent joyeusement dans la fosse. Entre deux titres, Inferno, le batteur, joue les cracheurs de feu. Sur les refrains du dernier morceau, le très explicite "I've got an erection", un chevelu (je crois que c'est Sébastien Tuvi, un des guitaristes d'ABORTED) se promène a poil sur la scène. C'était tellement inattendu que je n'ai que eu le temps de prendre une photo à la va-vite. Surprise aussi du côté de BEHEMOTH, Nergal manque de s'étrangler de rire en gueulant au micro. Le set ne pouvait pas mieux finir. Et c'est sur de grands "WE FUCK&LOVE YOU" que le groupe nous quitte.
Le retour est calme. Le métro se remplit de metalleux fatigués mais contents. A la station suivante, les gens n'osent pas monter dans la rame. Regards obliques, si ils se décident quand même. Ils pensaient quoi? Qu'on allait les bouffer ? C'est plutôt drôle d'observer comment, devenue subitement minoritaire, la norme change de camp.
Enfin bref, un concert énorme en tout cas.


Par Kaliana

Partager

 

Commentaires
Ajouter un nouveauRechercher
Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Website:
Titre:
BBCode:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
 
 
Security Image
Saisissez le code que vous voyez.

Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved.

Dernière mise à jour : ( 01-05-2010 )
 
< Précédent   Suivant >