Perséphone est la fille de Zeus et de Déméter. Enlevée par Hadès selon le mythe grec, elle devint à la fois déesse des morts et déesse de la fertilité, symbolisant ainsi le renouveau de la nature au printemps.
Ici, PERSEFONE, c’est ce groupe énorme qui mélange allégrement des ingrédients de black, death, speed, symphonique et même de power métal. Leur album "Core" est une magnifique fresque composée de trois morceaux éléphants, pesants un peu plus de vingt minutes chacun, ainsi que d’un titre bonus d’environs trois minutes pour la version japonaise.
L’album débute avec quelques minutes ambiantes et atmosphériques. Ah,… la douce musique du vent et de la mer. On jurerait que notre petite Perséphone n’est pas loin, gambadant dans les champs de fleur en chantonnant. Cette image idyllique change alors soudainement de ton : la musique devient infernale et se transforme en une monstrueuse tempête de fureur. Aïe, ça ne fait aucuns doutes, notre vieux pote Hadès vient de passer dans le coin et en à profité pour nous ravir la jolie fille de Zeus. S’ensuit alors une brusque descente aux enfers. Le chariot de feu du dieu des morts défile sous nos yeux à une allure démentielle. A son bord, une ombre froide et une jeune femme, les yeux écarquillés d’horreur. Voix black et parfois death de mise, tempo ultra rapide, des guitares puissantes : un arsenal de guerre soutenu par toute une logistique symphonique et atmosphérique.
Attention, PERSEFONE fait dans le métal technique et grandiose. Le chant est particulièrement riche : voix black, death, mais aussi chant clair, voix narrative et même un chant féminin : Perséphone en personne qui se lamente. De longues nappes atmosphériques, des mélodies au piano, des solos très power metal, des poussées de death endiablées, "Core" nous réserve bien des surprises !
Après avoir assisté à l’enlèvement de notre petite déesse avec ce sublime premier morceau ("Sanctuary Light And Grief" ), on arrive sur "Underworld The Fallen And The Butterfly", le second titre. On y sent bien que les enfers, ça n’à pas grand-chose à voir avec un jolie parterre de fleur. Et par-delà le Styx, la musique se fait brusquement plus douce. Un chant clair s’élève sur une guitare acoustique. Hadès n’est-il pas finalement ce doux romantique ? Un dieu triste, éperdument amoureux de la jolie fille de la terre ? Probablement, probablement, sauf que la colère et la rage reprennent rapidement le dessus dans un tourbillon de vociférations death et d’explosions de guitares. "Seed Core and Persefone", est l’ultime référence mythologique. Ce troisième morceau fait manifestement référence à la graine de grenade qu’Hadès donna à manger à Perséphone afin de l’empêcher de revenir dans le monde des vivants. Et si vous êtes japonais, vous avez le droit à la cerise : "Train Of Consequence". Titre bonus assez classique, mélange sympa de death, de heavy et de black symphonique.
Ce sont ces trois minutes de bonnes musiques qui viennent un peu comme la musique de fin quand on est au cinéma et que le film vient de se terminer. On s’étire, on baille, content, vraiment content d’avoir eu sous la main cet album hors du commun.