La mode en ce moment est à ce style de musique qui enivre par sa mélancolie et par sa capacité à nous élever dans les airs même lorsque, il faut bien l’avouer, le genre souffre un peu par le côté répétitif de ses longues parties instrumentales.
Des groupes de cet acabit, on en trouve à la pelle, et certains sortent du lot tout comme THE EVPATORIA REPORT qui jouent eux aussi dans ce jardin. Et c’est donc sur le même label de ces derniers que Get a Life Records à signé les Suisse de EQUUS.
Alors quoi de plus chez EQUUS ? Et bien, le trio Genevois lui, n’a pas peur, et ose même nous proposer trois longues compositions qui vont de quinze minutes à plus de trente dans cette pure tradition Post Rock instrumental à teneur garantie en vertige. De plus, le Mellotron fait son apparition et le fait de nous le faire découvrir, surtout dans le premier titre “Hyracotherium”, conduit EQUUS à flirter vers cette touche où ANEKDOTEN excelle.
Ce côté noir, sombre des compositions engendré par le Melottron ainsi que les plages de synthé et cette basse bien en avant, ou encore les longues apparitions de la guitare d’Eduardo GARCIA, font de cette première composition une ode à ce Post Rock nouvelle génération. “Hyracotherium” malgré ses trente minutes, se laisse tranquillement réécouter plusieurs fois. Etonnant comme ce titre vous chavire d’entrée et progresse du bas vers le haut.
Ces trois morceaux se rattachent les uns aux autres pour n’en faire qu’un ! Prévoyez donc de ne rien faire après cette écoute. Cela est préférable ! Donc, pour éviter de se répéter “Eutheria” lorgne aussi vers une sorte de Rock Progressif presque limite psyché que l’on retrouve sur la première partie d “Orrorin Tugenensis”, où Eduardo GARCIA nous montre de quoi il est capable avec son instrument, et toujours sur ce rythme fait pour se morfondre, paradoxalement devenant temporairement à la limite agressif, pour se finir devant le mur des lamentations à la manière de VANGELIS. Ces cinquante première minutes laissent s’éloigner de plus en plus à grand pas la peur que l’on éprouve lors de la découverte de ce simple digipack cartonné (sans livret malheureusement).
“Trois titres”, “soixante minutes”, “Post Rock” des termes qui font un peu reculer mais que EQUUS à la volonté de repousser au fil de l’écoute. Le vol se termine sur “Epona” qui risque de vous laisser sur les rotules. C’est là finalement où toute la magie d’EQUUS opère et fini par vous faire vibrer car ce dernier vous enivre vraiment, se lâche littéralement, où cette atmosphère bien particulière se détache et se retranscrit. Il serait donc bon et préférable de vous rabattre sur ce “Eutheria” d’EQUUS si vous voulez vous faufiler vers ce style qui à le mérite d’innover avec le Rhodes et le Melottron et de proposer aussi ce petit côté ANEKDOTEN dans la forme, mais sachez aussi que EQUUS est fait pour un public attentif et sensible.
Oui sensible est bien le mot... Vous l’êtes ? Vous ne le regretterez pas et surtout bon voyage !
Chroniqueur : Priam
Line-up
Eduardo Garcìa - Guitars David Mamie - Bass, Melottron, Rhodes, Synthesisers Alex Muller Ramirez - Guitars, Synthesisers, Vibes Bernard Widmer - Drums Guest: Alexander J.S Craker - Voices, Percussions Thierry Van Osselt - Voices, Percussions