Cinq compositions pour quatre hommes. Un label Gazoul Records. Attention cette échelle du désir peut être fatale pour certains !
D’entrée de jeu, on ne fait pas dans la demi-mesure : "La trilogie des mouches" nous assomme de pas loin de trente minutes. Mais alors là, mais alors là, on se lance sur un excellent Rock où la guitare bavarde nous fait part d’un très bon monologue. Et, oui, me serais-je tromper ? Suit une rythmique qui nous sur les sentiers d’une musique aux souvenirs de FOCUS. Déroutant pour ma part.
Ah, mais non, le chant arrive dans un style plutôt déjanté pour un Rock théâtral façon ANGE sous LSD, puis une plage instrumentale s’enchaîne dans un style très épuré. Le groupe redonne de la vigueur à la musique par une montée progressive cyclique. Le jeu est intéressant, alors on s’amuse sur les ambiances pour nous conduire où... mais où vont-ils nous conduire ? Vers de la musique expérimentale plus dissonante et enfin on comprend mieux leur appartenance au label Gazoul. On continue sur les chemins abrupts avec des relents de KING CRIMSON avant un final totalement déjanté. Attention âmes sensibles s’abstenir !
Car maintenant fini la rigolade, on est de plein pieds dans l’univers de JACK DUPON.
"Cousine" continue dans un esprit proche de CARTOON dans un Jazz Rock atonal très R.I.O. avec un côté humoristique.
Et que dire du morceau suivant… "Le taureau" perdure dans une musique totalement déjantée, dans un free Jazz Rock avec cependant toujours ce petit côté humoristique. Très technique mais entièrement free. On finit même sur une séquence bruitiste. Où est la camisole ?
Vous en voulez encore… Vous voulez encore des longs morceaux au titre bizarre (qui colle bien à la musique par ailleurs !) alors on vous envoie un missile du nom de "L’homme a la jambe qui boit". Tout un programme, n’est-ce pas ? On revient vers un Jazz Rock technique plus conventionnel aux multiples breaks où la guitare s’exprime de sa plus belle voix. Le réveil des claviers donne lieu à une musique plus R.I.O. avec un soupçon de KING CRIMSON. On finit sur une conclusion Progressive dans une accélération où chaque instrumentiste va de son dialogue en toute liberté.
Et, avant de vous tirer une balle dans la tête, il vous reste le petit dernier qui finit l’album sur un ton atonal, entre R.I.O. et Zeuhl (Oppression).
JACK DUPON n’est pas pour toutes les oreilles. Je vous aurez prévenu…
Chroniqueur : J.L
Line-up
Gregory Pozzoli - Guitar, Pecussions
Arnaud M’Doihoma - Bass, Vocals
Philippe Prebet - Guitar, Vocals
Thomas Larsen - Drums, Vocals
Tracklist
01. La trilogie des mouches (29:48)
02. Cousine (7:31)
03. Le taureau (9:05)
04. L'homme à la jambe qui boit (23:35)
05. Oppression (4:49)