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Comme le dit le fameux proverbe, mieux vaut prévenir que guérir. Donc, je préviens, je ne pourrais être tenu pour responsable d’éventuelles crises cardiaques ou phases de démence. Je dis ça parce que «Cosmogenesis» est violent et complexe à souhait, et qu’il faut s’accrocher pour s’avaler l’album d’une traite ! Enfin, ne prenez pas peur non plus, c’est pas de la violence gratuite, et la complexité n’est pas considérée comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen d’offrir à chaque écoute à l’auditeur un petit détail supplémentaire qu’il n’avait pas remarqué lors de la précédente écoute !
Donc, je disais, OBSCURA va vous en mettre plein la tronche ! Ça va vite, ça blaste, ça gueule… Les riffs de guitares sont particulièrement incisifs, la double pédale est très présente, les voix tantôt gutturales, tantôt hurlées… Et, je vous vois derrière votre écran, en train de vous dire « Bon ok, c’est du gros death qui tâche, c’est cool, mais qu’est-ce que ça vient foutre sur Progressive Area? ».
Hé bien, la réponse, c’est qu’OBSCURA se place en digne successeur des CYNIC, DEATH, ATHEIST et de toute la scène death technique des années 90. On constate tout au long de l’écoute l’influence de ces derniers, ATHEIST en tête, particulièrement pour le côté incisif et tranchant des compositions. OBSCURA ne vous étouffera pas, à l’instar de ses grands frères, par la lourdeur des riffs, préférant aux guitares à 8 cordes accordées 6 tons en dessous, une instrumentation plus classique et un accordage conventionnel, avec des riffs souvent construits autour des cordes de sol et ré («Anticosmic Overload »), façon thrash des années 80, rendant finalement le tout assez accessible et écoutable. On sent une certaine influence de BETWEEN THE BURIED AND ME et NECROPHAGIST, spécialement dans les parties en sweeping («Universe Momentum»), souvent agrémentées d’harmonies mélodiques évitant les dissonances, très (et parfois trop) utilisées par les groupes de la scène death technique. On devine aussi que le combo allemand ne s’est pas privé d’écouter CYNIC et SPIRAL ARCHITECT, au vu de la présence de la basse fretless («Choirs Of Spirits»), qui ne passe pas inaperçue, étant très bien mise en avant par la production. Basse fretless qui vient d’ailleurs souvent combiner avec les guitares acoustiques qui viennent accorder un peu de répit à l‘auditeur (mention spéciale pour «Orbital Elements» et son intro assez angoissante).
Au final, on retient un album puissant, alambiqué, mais dont la musicalité surpasse la performance : les solos de guitare ou de basse vont mettront sans aucun doute sur le cul tant ils sont techniques, mais ce qui marque au final c’est la qualité de la composition, pas la vitesse du sweeping ou l’avalanche de notes du tapping… Très gros coup de cœur au passage pour le solo de «Desolate Spheres», d’une grande musicalité, soutenu par une ligne de basse fretless très mélodique, et accompagné d’une splendide nappe de claviers.
«Cosmogenesis» sort du lot de tous ces albums de death technique qui vous étouffe sous une quantité indénombrables de notes et d’accords dissonants, qu’on écoute une fois pour admirer la performance, et qu’on met de côté parce qu’ils finissent par donner mal à la tête à la moindre écoute. Évidemment, ce n’est pas un disque vraiment facile à écouter, il faudra sûrement plusieurs écoutes pour vraiment accrocher, mais une fois que la magie a opéré, on le lâche plus !
OBSCURA vient se placer, grâce à ce somptueux «Cosmogenesis», en digne successeurs des grands de la scène death technique. Il y a beaucoup de prétendants à ce trône, et finalement peu d’élus. OBSCURA en fait partie.
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Line-up
Steffen Kummerer - Guitars, Vocals
Christian Muenzner - Guitars
Jender Paul Thesseling - Bass
Hannes Grossmann - Drums
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Tracklist
01. Anticosmic Overload (4:16)
02. Choirs Of Spirits (5:31)
03. Universe Momentum (4:33)
04. Incarnated (4:53)
05. Orbital Elements (5:21)
06. Desolate Spheres (4:01)
07. Infinite Rotation (4:48)
08. Noospheres (5:04)
09. Cosmogenesis (4:15)
10. Centric Flow (7:25)
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