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Interview Deuterror par Priam

Bonjour Nicolas et merci d’avoir accepter cette petite interview.
J’ai beau retourner le livret de l’album « Le gueule de Guerre » dans tous les sens, je ne trouve nulle part des infos te concernant !
Pourrais-tu en dire un peu plus sur toi et surtout sur « DEUTERROR » ?
Je m'appelle Nicolas Crombez et suis enseignant dans une école d'art en Belgique. J'ai eu très tôt le besoin de créer et développer des univers. A mesure que mes références personnelles évoluaient, l'univers Deuterror s'étoffait en conséquence. Il me permet de mettre en scène la réalité et à en changer le sens à travers le son, l'image et le mot.
Comment arrive-t-on à faire de l’ambiant ? C’est tout de même un style bien particulier et il est destiné à un public bien spécifique ?
J'ai découvert que pour exprimer un sentiment violent il n'était pas nécessaire de le faire "bruyamment". J'aime l'idée de peindre avec le son, mettre l'accent sur certains détails ou laisser le brouillard envahir l'imaginaire de l'auditeur. A mon sens, chacun est capable d'appréhender mon travail pour autant qu'il se donne les moyens pour y pénétrer. J'ignore si en cela je fais de la musique ambiant.
Pour tout t’avouer, lorsque j’ai vu cet artwork (fort bien fait d’ailleurs) je pensais entendre un groupe de Black, Doom et surtout avec un nom pareil ! Chercherais-tu à ratisser un autre public ?
Je navigue dans beaucoup d'univers musicaux, inconsciemment, mon travail peut évoquer ces styles. Dans une étymologie toute personnelle, je dirais que Deuterror, s'inspire de la racine "de la terre", je peux également l'envisager dans le sens de « terreur divine ». A chacun de trouver la définition que revêt un tel mot.
Comment en es-tu arrivé à composer « Le Gueule de Guerre » ? Et surtout comment as-tu procédé ?
Ce projet s'inscrit dans une démarche au sujet la foi, qu'il est nécessaire à l'homme de croire pour son évolution. La foi est innée, nous y sommes liés, elle détermine ce pourquoi nous construisons et ce pourquoi nous détruisons. Les visuels s'inspirent en partie de l'imagerie moyenâgeuse, période qui me tient à coeur, formellement parlant. Elle me permet également d'établir de grands parallèles avec la société actuelle. Musicalement, j'utilise beaucoup de samples que je capture le plus souvent en pleine nature. Je me suis entouré d'Emmanuel Mollers, qui fût mon professeur d'histoire de la musique, pour les parties d'Orgue, le tout fut gravé et imprimé grâce à la confiance qu'aura eu Steelwork Maschine à mon sujet.

Et puis pourquoi « Le » au lieu de « La » gueule de Guerre et qu’est ce qu’elle représente ?
Le gueule est une représentation allégorique de l'Homme, je l'illustre sur la pochette de l'album à travers la roue sertie de la croix ; symboles respectivement de matérialité et de spiritualité.
Tu as fait un travail extraordinaire et colossal sur ton site en présentant deux films ainsi qu’un audio book. Tout est de toi ? Et pourquoi cet audio book, il correspond à quoi ?
Ce qui m'intéresse avant tout est de pouvoir raconter une histoire à travers différents médias. L'écriture est un medium d'une économie de moyen redoutable. Il n'en demeure pas moins un puissant outil de l'imaginaire. J'ai toujours dessiné, rêvé en écoutant des histoires. Je souhaitais le temps d'un texte me glisser de l'autre coté du miroir.
Deux autres albums sont en téléchargement gratuit sur ton site. Avec « Le Gueule de Guerre », tu es passé à la vitesse supérieure alors ? Pour quelle raison retrouve t’on ce dernier en version CD ?
Le net à beaucoup d'avantages, il me permet de proposer mon travail de manière instantanée et selon mes conditions, je produis et je diffuse. Je reste néanmoins attaché à cet objet palpable et périssable, fixé à jamais. Je ne peux plus ouvrir le fichier et le modifier comme sur un support volatile. Grâce à Steelwork Maschine j'ai pu matérialiser les mots, les sons et les images, de plus le label dispose d'un réseau de diffusion inaccessible jusqu'alors.
Personnellement, je trouve que la Belgique n’a pratiquement accouché d’aucun grand groupe et ne s’est jamais bien exporté, partages-tu cet avis et ce constat et est ce que tu en connaîtrais la cause ?
Je ne suis pas un grand spécialiste en musique, difficile de te dire quel groupe est un grand groupe. Ici en Belgique, je vois pas mal de gens qui composent, organisent des concerts, mixent et produisent de la musique. Beaucoup de genres sont représentés chez nous, évidemment j'imagine que comme partout il en est qui se vendent/se subventionnent plus facilement que d'autres :)

Bon maintenant des petites questions toutes bêtes manière de te cerner un peu plus dans la vie de tous les jours.
Tu écoutes quoi en ce moment ?
Rien de bien précis en vérité, j'ai toujours bien un album de THE EXPLOITED pas loin, SIELWOLF fut pour moi une révélation (encore maintenant, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris), quelques groupes de black metal dont IMMORTAL et MARDUK ainsi que pas mal de musique classique/contemporaine.
Grosses bouffes ou petites bouffes ?
Bonnes bouffes :)
Blonde ou Brune ?
Je ne bois ni ne fume mais j'aime une brune.
Excuse- moi ou dégage ?
C'est variable, la masse de l'adversaire est déterminante dans un tel choix.
Tu te lèves tôt ou tard ?
De plus en plus tôt.
Manneken-Pis ou la Tour Eiffel ?
Je n’ai jamais été un grand voyageur.
Nous arrivons à la fin de cette mini interview et je te donne donc le mot de la fin !!
Merci Denis (Priam) pour ton investissement et le temps que tu as consacré à mon projet.
J'apprécie d'autant plus que je ne me situe pas vraiment dans votre genre de prédilection et en ce sens mon travail bénéficie d'un regard "frais".
Merci à toi de t’être plié à mon petit caprice et surtout d’y avoir participé…
Par Priam
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